« Ça suffit ! » voila le message qu’a dû vouloir faire passer FedEx en poursuivant en justice le département du Commerce américain. Le but de la manœuvre, se dispenser de surveiller les colis pour déceler un éventuel viol des lois relatives à l’exportation par Huawei et d’autres entreprises. Elle a fait remarquer que lui imposer de telles dispositions était contraire à la Constitution, mais aussi techniquement irréalisable compte tenu de l’ampleur de ses activités.

FedEx est monté sur ses grands chevaux. Elle a intenté une action en justice département du Commerce américain, en raison des pratiques illégales et irréalisables de surveillance que le gouvernement lui impose. Elle a expliqué dans sa plainte qu’il était impossible pour elle d’inspecter les 15 millions de colis qu’elle envoie par jour. De plus, elle rappelle que cette action constitue parfois un viol de la vie privée et des différentes lois en vigueur. En l’absence de mesures de sécurité, FedEx estime qu’elle se trouve dans une situation où elle ne gagne, voir, pire, où elle se trouve entre le marteau et l’enclume. Elle risque des amendes et des pénalités des États-Unis si elle ne plie pas correctement à ses exigences, mais elle est aussi menacée par la colère des dirigeants étrangers et de ses clients (notamment Huawei).

Bien qu’elle n’a nommé personne, nous savons pertinemment que lorsque FedEx parle de la colère de dirigeants étrangers, elle pense avant tout aux dirigeants de la Chine. Suite à la promulgation du décret d’urgence nationale, Trump a mis Huawei et d’autres entreprises chinoises dans une très mauvaise posture. Il est désormais impossible de faire affaire avec elles sans une autorisation explicite du gouvernement, ce qui est fâcheux pour les entreprises des deux pays. De plus, les entreprises américaines et notamment FedEx ne sont pas à l’abri de la possibilité d’être laissées pour compte en retour.

Le département du commerce a déclaré au Wall Street Journal qu’il n’avait pas encore examiné la poursuite de FedEx. Cependant, il a fait savoir qu’il n’avait pas l’intention de l’exonérer de son rôle dans la sécurité nationale. Il est donc plus que probable qu’il réussira à annihiler les plaintes de FedEx.

Les entreprises sont nombreuses à avoir beaucoup à perdre en raison du décret de Trump. Il y’a de cela deux semaines, Russel Vought, le chef du bureau gestion et budget de Donald Trump, demandait à son gouvernement de prolonger de deux ans le délai avant la mise en place des interdictions d’entretenir des relations commerciales. Il expliquait : « Il s’agit de veiller à ce que les entreprises qui travaillent avec le gouvernement américain ou reçoivent des subventions et des prêts du gouvernement fédéral aient le temps de se dégager de leurs relations commerciales avec Huawei et les autres entreprises de technologie chinoises répertoriées dans le NDAA ».