Trois semaines après les élections européennes, la Commission européenne vient de publier un rapport dans lequel la Russie est soupçonnée d’avoir tenté d’influencer le scrutin via les réseaux sociaux.

Les plateformes inefficaces ?

On peut clairement lire sur ce document qu’une « activité de désinformation, continue et soutenue, de la part de sources russes » aurait été repérée. Toujours selon le rapport, ces tentatives auraient servi à influencer les électeurs, non pas pour un candidat en particulier, mais pour ne pas participer au scrutin. Ayant apprit de ses erreurs des élections présidentielles américaines de 2016, Facebook avait pourtant sorti l’artillerie lourde pour les Européennes. Sa « War Room » a été mise en place pour lutter efficacement contre les potentielles infox.

De son côté, Twitter a décidé de sévir encore plus. À partir du 11 mars 2019, les annonceurs devaient être certifiés sur Twitter et avoir une adresse dans l’Union Européenne pour pouvoir faire de la publicité à caractère politique. Si Facebook prenait le temps de filtrer les publications, Twitter a joué la carte de la radicalité. Un peu trop, puisqu’une campagne du gouvernement pour encourager la population à se déplacer devant les urnes avait été bloquée. Heureusement, Twitter a finalement décidé de la remettre en ligne.

Le rapport relate que les publications russes évoquaient de nombreux sujets, dont certains sans aucun lien avec les élections, comme l’incendie de Notre-Dame. Ces diffuseurs de fake news auraient utilisé cet événement pour démontrer le « déclin des valeurs chrétiennes et occidentales de l’Union européenne ». Cette année, la technique de diffusion a, d’après la Commission européenne, évolué. Pour les présidentielles américaines, les russes avaient misé sur la publication en masse. Cette fois, les publications étaient bien plus discrètes et plus ciblées, ce qui rend le travail des spécialistes en sécurité bien plus difficile.

Malgré les nombreux efforts mis en place par Facebook et les autres réseaux sociaux, l’Europe estime que ces plateformes n’ont pas été à la hauteur. Déçue, la Commission européenne pourrait mettre en place de nouvelles contraintes bien plus strictes.