Après avoir passé un an et demi à bord de l’ISS (International Space Station, ou station spatiale internationale en français), le superordinateur Spaceborne a fait son grand retour sur terre, dans une capsule Dragon de SpaceX. La société qui l’a conçu, Hewlett Packard Enterprise (HPE) devrait réaliser son autopsie dans les prochaines semaines, afin de voir dans quelle mesure il a supporté l’atmosphère spatiale. Les résultats de ce test pourraient lui servir à construire des superordinateurs capables de subsister sur de longs trajets à destination de planètes éloignées comme Mars.

Un superordinateur construit pour un usage terrien pourrait-il supporter les conditions environnementales rigoureuses de l’espace ? C’est pour trouver la réponse à cette question que HPE a envoyé l’ordinateur SpaceBorne dans l’espace il y’a presque deux ans. L’engin est désormais de retour sur terre, et subira bientôt un examen. Les résultats seront déterminants pour l’humanité, car la possibilité d’user un superordinateur dans l’espace sera un vrai plus pour les astronautes. Ces outils ont une puissance de calcul qui sera indispensable pour résoudre les problèmes de physique que posera l’espace si l’humanité continue à se déplacer de plus en plus loin en son sein.

L’espace est très dangereux pour les équipements technologiques, le niveau de rayonnement provenant des rayons cosmiques et du soleil peut facilement les endommager. De plus, l’espace peut aussi engendré des fluctuations de puissance et de température destructrices pour ces appareils. C’est pourquoi en temps normal, ils sont envoyés dans l’espace équipés de matériels de protection spécifiques. Ça n’a pas été le cas pour SpaceBorne, puisqu’il a été construit pour un usage terrien.

En revanche, les équipes de HPE l’ont équipé d’un logiciel qui a fait des merveilles pour le protéger des dangers de l’espace. Le logiciel était capable de détecter les signes anormaux dans la machine afin de prendre les mesures nécessaires pour la protéger, avec par exemple des mises hors tension. Cela a permis à SpaceBorne, malgré des courtes périodes d’arrêts, de faire plus que ce que sa mission ne prévoyait. Alors qu’il avait été envoyé principalement pour tester la fonctionnalité des superordinateurs dans l’espace, il a pu exécuter un programme informatique pour la NASA. Permettant ainsi d’évoluer l’efficacité d’un logiciel de rentrée dans l’atmosphère avec autant de succès qu’un engin spatial. Par ailleurs, des changements dans l’organisation au sein de l’ISS ont fait que son séjour a duré plus longtemps que prévu.

SpaceBorne est finalement revenu lundi sur terre, dans une capsule SpaceXDragon. Désormais, un bateau transporte la capsule jusqu’à la terre ferme. On espère qu’il ne lui arrivera rien, car du matériel spatial de SpaceX avait coulé et disparu dans les mêmes conditions il y’a peu.
Lorsque la capsule aura été réceptionnée, son contenu sera progressivement exfiltré, et la dernière chose qui sera retirée sera le superordinateur de HPE. Il lui sera ensuite envoyé à Houston, au Texas, pour le 8 juillet. L’entreprise pourra alors prendre note de tous les composants n’ayant pas survécu au périple spatial, ou étant tombés momentanément en panne. Un membre de l’équipe a souligné qu’ils pourraient bien avoir vieilli beaucoup plus vite qu’avec une vie terrienne.

Toutes les données récoltées serviront à HPE pour créer une potentielle nouvelle génération de superordinateurs encore plus adaptés à l’espace. Néanmoins, les effectifs de l’entreprise ont expliqué qu’aucun projet n’était actuellement en cours pour déployer leur technologie dans les futures missions spatiales. C’est dommage, car une telle machine permettrait aux astronautes d’être beaucoup moins dépendant de la terre pour obtenir certaines informations. Cela laisse supposer que l’un des descendants de la machine de HPE devrait finir par débarquer dans les appareils spatiaux à un moment où l’autre.

Les ordinateurs n’ont pas fini de nous fasciner. Il y’a moins d’une semaine, un ordinateur quantique a surpris le monde entier en réussissant à casser le chiffrement RSA sur 2048 bits en seulement 8 heures. Assez inquiétant pour l’avenir de la cybersécurité.