Le 15 mai dernier, Donald Trump décrétait l’état d’urgence nationale et à cette même occasion, interdisait les sociétés américaines de faire du commerce avec les sociétés de télécommunication “présentant un risque pour la sécurité nationale”. Aujourd’hui nous apprenons que Pékin décide de riposter. Le gouvernement chinois va mettre en place une mesure similaire à celle instaurée par les États-Unis.

Le pays prévoit décide de créer sa propre liste noire. Désormais, en Chine, toutes les entreprises étrangères considérées comme “non fiables” ne pourront plus faire de commerce avec des entreprises chinoises. Évidemment, la Chine fait un clin d’œil au décret d’urgence nationale instauré par les États-Unis deux semaines plus tôt. Voilà qui ne va pas arranger les relations entre les deux pays.

Le contexte est extrêmement tendu entre les deux pays. Au cœur de la tourmente : Huawei. La société technologique chinoise est accusée par les États-Unis d’espionner les technologies américaines pour le compte du gouvernement chinois. Depuis son interdiction de travailler avec des entreprises américaines, l’existence même de Huawei est menacée. La Chine veut montrer au monde entier qu’elle ne se laissera pas faire. La mesure annoncée ce vendredi par Pékin, semble être une réponse directe à l’offensive de l’administration Trump.

Le porte-parole du ministère du commerce en Chine a déclaré que : “les entreprises, organisations et particuliers étrangers qui n’obéissent pas aux règles du marché, qui s’éloignent de l’esprit d’un contrat, qui imposent des embargos ou cessent d’approvisionner des entreprises chinoises pour des motifs non commerciaux et nuisent gravement à leurs intérêts et droits légitimes seront placés sur une liste d’entités non fiables”.

Un coup de pouce qui pourrait aider Huawei à lutter contre les États-Unis aux yeux de la justice. En effet, la société technologique veut tout faire pour rendre inconstitutionnelle l’interdiction du gouvernement américain. L’entreprise chinoise veut qu’un jugement soit rendu pour invalider l’article 889 de la loi de 2019 sur l’autorisation du décret d’urgence nationale. Huawei est convaincue que cet article viole les clauses du « Bill of Attainder, Due Process and Vesting » de la Constitution américaine.