Selon The Guardian, Facebook, Apple, Microsoft et Google vont fournir en preuves l’enquête indépendante sur les abus sexuels d’enfants. Lancée par la Première ministre britannique Thérèse May, son but est d’étudier si le Royaume-Uni fait correctement son devoir pour protéger les enfants des violences sexuelles. Les 4 entreprises de la tech aideront le développement de l’enquête sur la question de la hausse de l’exploitation des enfants en ligne.

Google,Apple, Microsoft et Facebook critiqués pour leur manque d’efficacité contre les crimes pédophiles

Leurs représentants partageront leurs observations lors d’une séance de l’enquête à huis clos qui se tient à Southwark, dans le sud de Londres. William Chapman, avocat représentant les enfants victimes d’abus, a appelé les géants du numérique à faire beaucoup plus pour « enrayer le fléau moderne » des crimes sexuels commis par internet. Il souhaiterait notamment que les enfants victimes d’abus numériques puissent toucher des indemnités à l’avenir.

Il a également dénoncé le fait que Bing, le deuxième moteur de recherche après Google, ait fourni des liens vers des sites pédopornographiques à des utilisateurs qui avaient utilisé des termes de recherche très communs. Il a également critiqué les fondateurs des grandes entreprises de technologie : « Est-ce vraiment en dehors des moyens et de l’esprit de ces entreprises de prévenir et de détecter les abus pédophiles sur leurs plates-formes, ou y-a-t-il quelque chose d’incompatible avec leurs objectifs commerciaux et leur culture qui les empêche de prendre les mesures nécessaires pour mettre fin à ce fléau moderne? ».

Les enfants sont de plus en plus exposés à des dangers sur internet

Monsieur Chapman a également déclaré que l’expansion du chiffrement de bout en bout, qui empêche quiconque d’accéder aux messages entre deux personnes, allait rendre encore plus difficile l’éradication de l’exploitation sexuelle des enfants à l’avenir. Dans l’enquête, il représente les droits de trois personnes, identifiées sous le nom de A1, A2, et A3. A3, victime d’harcèlement en ligne et hors ligne durant son adolescence, a été agressée sexuellement par un homme qui avait notamment installé une caméra cachée dans le gîte où elle travaillait pour avoir des photos d’elle. Au-delà du traumatisme de l’agression, qui l’empêche encore aujourd’hui de dormir seule et sans cauchemars, elle explique qu’elle est extrêmement inquiète à l’idée de voir ces photos d’elle se retrouver sur internet. « Vous ne savez pas si les gens ont vendu des images de vous (…) C’est terrible de penser que les pédophiles peuvent chercher sur internet et trouver ce qu’ils veulent. C’est effrayant. » Elle déclare aussi « Il faut plus d’éducation dans les écoles. Vous ne pouvez pas donner aux enfants une seule leçon sur la sécurité en ligne (… )».

Jacqueline Carey, une avocate liée à l’enquête, a déclaré que le temps que les jeunes de 12 à 15 ans passaient sur internet au Royaume-Uni n’avait de cesse d’augmenter. Selon l’Ofcom, l’autorité régulatrice des télécommunications au Royaume-Uni, ils passaient en moyenne 20 heures et six minutes par semaine sur les médias sociaux et Internet en 2016. En 2018, ce temps a augmenté de 24 minutes et ils sont désormais 84% à avoir un smartphone. Cela montre à quel point ils sont exposés aux risques de tomber sur des cybercriminels. Malgré tout, l’année dernière, 41 pages web auraient été détectées pour un contenu pédopornographique au Royaume-Uni, un chiffre en baisse, comme toujours depuis plus de 20 ans dans le pays. Pour autant, le contenu pédopornographique est loin d’être éradiqué d’internet. Fin décembre 2018, un rapport sur les activités de suppression des vidéos illicites de YouTube nous rappelait par exemple que le média avait supprimé plus de 280 000 vidéos pour des raisons de protection de la sécurité infantile.