Pays-Bas : les bracelets électroniques désactivés après une mise à jour ratée
Technologie

Pays-Bas : les bracelets électroniques désactivés après une mise à jour ratée

Les prisonniers ont ainsi eu de longues heures pour se déplacer sans surveillance.

Un phénomène inconcevable s’est produit ce 9 mai aux Pays-Bas. Une mise à jour ratée du logiciel des bracelets électroniques de la police néerlandaise a permis à des centaines de leurs porteurs de se déplacer librement. Face à cette situation, qui a été réglée au bout de quelques heures, la police a dû aller à la rencontre des possesseurs et en appréhender quelques-uns.

Le bracelet électronique est un moyen pratique pour offrir rapidement une liberté conditionnelle aux prisonniers ayant fait preuve d’une bonne conduite, ou pour ne pas faire vivre l’expérience traumatisante de la prison à des individus ayant commis des crimes mineurs. C’est une technologie qui devient donc de plus en plus populaire dans les pays qui peuvent se l’offrir. Pourtant, son avenir pourrait être chamboulé par des évènements s’étant produits le 9 mai aux Pays-Bas.

Une mise à jour ratée du logiciel des bracelets électroniques de la police néerlandaise a causé une perturbation pour des centaines de ces appareils. Cela a empêché les policiers de suivre leurs possesseurs pendant plusieurs heures, après quoi la situation a pu être réglée. Cependant, cela a forcé la police à se déplacer auprès de chacun des porteurs, et même à en arrêter certains, par précaution. Visiblement, rien de grave n’a découlé de la mise à jour, et les propriétaires ont respecté les règles. Cependant, la situation est tout de même inquiétante. Un prisonnier particulièrement dangereux aurait par exemple pu en profiter pour régler des comptes avec des personnes dont il a l’interdiction d’approcher en temps normal. Cela aurait nécessité bien sûr de se rendre compte du problème des bracelets, ce qui ne semble avoir été le cas pour aucun des porteurs.

Quoi qu’il en soit, la défaillance de ces appareils de suivi risque de faire du bruit aux Pays-Bas. En effet, ce n’est pas la première fois que des personnes potentiellement dangereuses sont laissées sans surveillance. En août 2018, une panne du réseau cellulaire avait coupé les connexions à 450 bracelets électroniques, entraînant la même incapacité de suivre la localisation de leurs porteurs. Ces deux incidents mettent en exergue les risques liés au bracelet électronique : un logiciel de piètre qualité où une connectivité perturbée suffit à les compromettre, et donc à mettre la sécurité publique en danger.

La technologie est en train de changer radicalement les pratiques et les possibilités de la police, et cela cause bien des réflexions sur la manière dont la justice fonctionnera demain. Une intelligence artificielle permettrait par exemple de déterminer le risque criminel d’un individu, et certaines polices commencent déjà à s’intéresser à ce genre de technologies. La police de la Nouvelle-Orléans avait par exemple utilisé un logiciel de prévision des crimes sans autorisation en mars 2018. Reste à savoir si les juges toléreront ce genre d’outils qui ne laissent aucune foi en l’humain et qui par leur absence de sentiments, semblent difficilement capables de juger parfaitement l’évolution de personnalités aussi complexes que celles des hommes.

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