Jeff Bezos dévoile son atterrisseur lunaire "Blue Moon"
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Jeff Bezos dévoile son atterrisseur lunaire « Blue Moon »

Le boss d’Amazon a conquis la terre, et il s’intéresse maintenant à sa proche voisine.

Elon Musk n’est pas le seul patron d’une entreprise privée à vouloir participer à la conquête spatiale. Jeff Bezos, le PDG d’Amazon, est en train de construire par le biais de sa société Blue Origin un atterrisseur lunaire du nom de « Blue Moon », soit « Lune Bleue » en français. Lors d’un évènement destiné aux médias et à l’industrie spatiale ce 9 mai, il a expliqué que le but de ce vaisseau était de transporter des équipements et des matériaux afin de construire des bases lunaires. L’objectif actuel est un atterrissage sur la Lune en 2024, ce qui correspond à la date ou là NASA veut retourner sur l’astre. Blue Moon peut compter sur un puissant moteur afin de transporter les grandes charges nécessaires à l’accomplissement de ses projets.

Jeff Bezos vient de dévoiler « Blue Moon », un grand atterrisseur mesurant 3 tonnes à vide et 15 tonnes avec ses réserves de carburant pleines. Cet engin pourra transporter 3,6 tonnes de fret sur la Lune, par le biais d’un nouveau moteur appelé BE-7 et disposant d’une puissance de poussée impressionnante. Une version ultérieure devrait être capable de déplacer 6,5 tonnes. La grande forme sphérique que vous avez pu voir en son centre est sa réserve de carburant, qui contient de l’hydrogène liquéfié. Sur son pont supérieur pourront être fixés de nombreux équipements. « C’est un véhicule incroyable, et il ira sur la Lune », a déclaré Jeff Bezos. Le boss d’Amazon a rajouté qu’il était développé depuis trois ans, et qu’il pourrait emmener des instruments scientifiques, quatre petits rovers, mais aussi un futur véhicule pressurisé pour humain. Il pourrait également contenir un petit véhicule d’ascension pour faire décoller des astronautes vers une station spatiale en orbite.

Bien que Jeff Bezos ne semble pas ambitionner d’envoyer des hommes sur la Lune pour l’instant, son Blue Moon pourrait être la source d’une sacrée assistance, ce qui pourrait lui permettre d’obtenir des partenariats juteux avec la NASA. Cela fait immerger Blue Origin comme un concurrent direct de SpaceX et Boeing en ce qui concerne la logistique de la conquête spatiale. Il faut dire que Jeff Bezos s’est donné les moyens d’arriver aussi loin. Blue Origin, que Bezos a déclaré considérer comme son projet « le plus important » en 2018, après le vol d’essai d’un des prototypes spatiaux de l’entreprise la même année, possède 2000 salariés, et est financée par le milliardaire américain depuis les années 2000.

Selon Engadget, l’initiative Blue Moon, outre un éventuel soutien à la NASA, aurait pour but de construire des infrastructures à la surface de la Lune. Bezos a parlé d’exploiter les ressources de l’astre lunaire pour produire de l’énergie, étant donné que celles de notre planète sont vouées à l’épuisement à l’heure actuelle. De plus, il aurait déclaré que la Lune est un bon endroit pour la fabrication, car il faudra 24 fois moins d’énergie pour transporter des matériaux à sa surface, en raison de la gravité moindre.

Si l’objectif de réaliser un premier alunissage en 2024 se réalise, l’atterrisseur devrait se poser sur le pôle sud de la Lune. On y trouve de l’eau glacée, qui pourrait être exploitée afin de produire de l’hydrogène, qui servirait de carburant pour poursuivre des déplacements vers des astres encore plus éloignés de la terre.

Quoi qu’il en soit, le projet de Bezos reflète l’incroyable agitation qui parcourt l’industrie spatiale ces dernières années. Plusieurs appareils, dont l’européen Mars Express et le robot Insight, nous donnent de plus en plus d’informations sur la planète rouge, et Elon Musk désire y aller d’ici quelques années. Dans le même temps, Donald Trump a surpris tout le monde en annonçant vouloir un retour des hommes sur la Lune d’ici 2024. Les plans de la NASA pour cette mission restent encore flous, et on imagine que les scientifiques doivent désormais redoubler d’efforts pour la réussir dans les délais. Malgré tout, les progrès des fusées de SpaceX laissent de bons espoirs d’y parvenir selon la NASA.

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