On vous l’annonçait il y’a peu, et ça s’est concrétisé : Facebook a enfin ouvert sa War Room pour les élections européennes. Afin de lutter contre la désinformation et les ingérences durant cette période électorale d’importance, le géant américain a engagé 40 personnes dans sa cellule de crise. Cette équipe est composée de scientifiques, d’ingénieurs, et d’experts en sécurité qui devront intercepter toutes les fake news avant qu’elles ne se propagent. Elle est basée à Dublin, en Irlande, et devrait fonctionner jusqu’à la fin des élections. Grâce à elle, Facebook devrait avoir les moyens de lutter efficacement contre les tentatives de manipulation des électeurs.

Bien que l’équipe fonctionne depuis peu, elle a déjà détecté des centaines de comportements suspects liés à des sujets politiques, selon une déclaration de Lexi Sturdy, un responsable de Facebook, au Financial Times. Selon Engadget, Facebook aurait beaucoup amélioré son système d’enquête pour détecter plus facilement les comportements douteux sans nécessiter l’assistance de ses différentes équipes à travers le monde.

Selon le New York Times, la War Room mise en place pour les élections européennes est semblable à celles aménagées pour les élections brésiliennes et les élections américaines de mi-mandat, qui s’étaient soldées par très peu d’influence des fake news en provenance du réseau social. Le NYT note aussi qu’une war room a également été créée à Delhi, afin de renforcer les efforts contre la désinformation dans le cadre des élections indiennes.

La cellule de crise présente à Dublin compte des locuteurs des 24 langues officielles de l’UE. Les contenus dont la conformité est à déterminer leurs parviennent par le biais de signalements des utilisateurs de Facebook ainsi que part des systèmes automatisés. Malgré l’usage de l’intelligence artificielle et humaine pour empêcher la propagation des tentatives de manipulation, le Guardian a noté que le géant américain a encore du mal à localiser rapidement la totalité des campagnes de désinformation. En Espagne, à l’occasion des élections législatives actuellement terminées, un projet de ce type a été retiré tardivement car les systèmes du réseau social ne l’avaient pas repéré.

Le responsable de la cybersécurité chez Facebook, Nathaniel Gleicher, a expliqué que le réseau social a besoin d’assistance pour mener son travail à bien, il a déclaré « la réalité de la sécurité est que vous avez besoin d’autant de personnes que possible concentrées sur le problème ». Il a aussi expliqué l’importance de l’intelligence artificielle dans son travail, qui permet de rendre extrêmement difficile le travail de manipulation sur Facebook et de supprimer les comptes en étant la source rapidement.