La semaine dernière, Apple et Qualcomm annonçaient avoir trouvé un accord à l’amiable après près de deux ans de batailles juridiques diverses. Les deux firmes, réconciliées, pouvaient de nouveau collaborer sur le secteur des puces 5G… Une nouvelle qui conduisait Intel à annoncer dans la foulée abandonner le marché des modems destinés aux smartphones, pour mieux se concentrer sur les technologies sans-fil intégrées aux PC et aux objets connectés. Cette semaine, Bob Swan, CEO d’Intel, a admis que cette décision était bien la résultante du rapprochement pour le moins inattendu de Qualcomm et Apple .

Si Intel assure continuer à considérer la 5G comme une “priorité stratégique“, son dirigeant s’est exprimé auprès du Wall Street Journal (via The Verge) sur les facteurs qui ont conduit le fondeur californien à se retirer du marché des puces cellulaires pour mobiles ; et ce malgré de longs mois consacrés au développement du XMM 8160, notamment, qui devait être le premier modem 5G des bleus. L’explication de Bob Swan est simple : Intel n’aurait pas pu se dégager de bénéfices suffisants une fois Apple et Qualcomm réunis.

Apple aurait jugé Intel inapte à lui fournir une puce 5G à temps

“A la lumière de l’annonce faite par Apple et Qualcomm, nous avons évalué quelles étaient nos perspectives de gagner de l’argent tout en délivrant cette technologie sur smartphones. Nous avons conclu que nous ne voyions tout simplement pas de voie [vers le rentabilité]“, a ainsi expliqué Bob Swan, corroborant en partie une hypothèse formulée la semaine dernière par Bloomberg.

Le média américain avançait qu’Apple serait en réalité à la racine de ce dénouement. La firme de Cupertino aurait statué qu’Intel ne serait pas en mesure de délivrer un modem 5G pleinement fonctionnel à temps pour ses iPhone 2020. Seule alternative pour Apple suite à ce postulat : faire coûte que coûte la paix avec Qualcomm pour s’assurer les services d’un fournisseur de puces 5G. Si ce scénario se vérifie (et il semble que ce soit le cas), la prise de décision d’Intel tombe alors sous le sens. Sans Apple comme client, s’imposer face à Qualcomm, Samsung ou encore Huawei sur le marché de la 5G pour smartphone aurait eu tout d’un défi scabreux pour la firme de Santa Clara.