L’UE aura bientôt sa propre base de données biométriques puisque le 16 avril, le Parlement a adopté des mesures visant, entre autres, à créer le Common Identity Repository (CIR). Il a pour but de renforcer la sécurité, de mieux gérer les frontières, de même que les flux migratoires.

Des données par milliers

Le projet de création de cette base a débuté en février 2018, et devait, une fois instauré et complété, devenir le plus gros outil de suivi du monde. Bien évidement derrière celui de la Chine, mais également celui de l’Inde.

Derrière la création du CIR plane bien évidement la menace terroriste, toujours omniprésente. Ainsi, il devrait aider les différents pays à collaborer lorsqu’il s’agit de sécurité intérieure. Il va rassembler les données des personnes de l‘espace Schengen, d’Eurodac (système d’empreinte digitales lancé en 2003), du système d’information sur les visas (VIS). S’ajouteront trois nouvelles sources, ou plutôt trois systèmes : le système européen de casier judiciaire des ressortissants de pays tiers (ECRIS-TCN), le système d’entrée et de sortie (EES), et le système européen d’information et d’autorisation de voyage (ETIAS).

Une grande quantité de données sur chaque personne entrée dans le CIR. Faut-il s’inquiéter ?

Des craintes sur le projet final

Du côté des citoyens, cette base doit pouvoir aider à limiter voire stopper les usurpations d’identités. Une contrepartie qui paraît bien maigre pour bon nombre d’ONG qui qualifie cette décision de « point de non retour ».

Une centralisation aussi important inquiète toujours. D’ailleurs, réunir tant d’éléments dans un seul et même endroit expose inévitablement une telle base à des tentatives de piratages. S’il l’une des tentatives aboutie, cela peut s’avérer critique pour la sécurité de l’Europe et de ses ressortissants. De plus, il s’agira également de préserver la vie privée des personnes inscrites dans le CIR face à des utilisateurs trop nombreux et peut-être inexpérimentés.

Ce qui inquiète le plus, c’est la possibilité de créer un système puissant de surveillance des citoyens. Car avec le temps, pourraient être ajoutées des informations liées aux plaques d’immatriculation, aux casiers judiciaires, aux trajets aériens … On se rapprocherait ainsi plus de la Chine, et on s’éloignerait un peu de ce qu’est l’Europe.