Alors que Facebook tente tant bien que mal de repenser son utilisation des données personnelles et leur accès, le Canada semble s’impatienter. L’affaire Cambridge Analytica résonne encore, plus d’un an après sa médiatisation. Dans la continuité des comptes rendus par le réseau social de Mark Zuckerberg, le Commissariat à la protection de la vie privée du Canada a annoncé qu’il allait poursuivre Facebook en justice.

L’introduction de l’annonce officielle donne le ton. « Facebook refuse de s’attaquer aux graves lacunes en matière de protection de la vie privée malgré des excuses publiques pour ‘abus de confiance’. Une enquête conjointe révèle d’importantes lacunes dans les pratiques du géant des réseaux sociaux en matière de protection de la vie privée, soulignant le besoin urgent d’une réforme législative pour protéger adéquatement les droits des Canadiens. » En effet, parmi les 87 millions de personnes concernées par Cambridge Analytica, il y a 600 000 citoyens canadiens.

L’enquête conjointe évoquée a été résumée et publiée sur le site de l’organisme. On apprend que Facebook n’a pas requis de consentement suffisamment explicite de la part des utilisateurs pour partager leurs données avec une application tierce. De plus, le réseau social n’a pas effectué de contrôles « appropriés » de ces applications tierces se comportant de manière « irresponsable ». Facebook a d’ailleurs refusé que les autorités effectuent des audits, puisque la société était en conformité avec les règles américaines.

« La contradiction flagrante entre les promesses publiques de Facebook de corriger ses pratiques en matière de protection de la vie privée et son refus de s’attaquer aux graves problèmes que nous avons identifiés – ou même de reconnaître qu’il a enfreint la loi – est extrêmement préoccupante, » a déclaré Daniel Therrien, commissaire à la protection de la vie privée du Canada.

Ce sont pour ces raisons que Facebook sera poursuivi devant un tribunal. L’objectif étant d’obliger le réseau social a changer ses pratiques en réponse aux manquements présentés dans le rapport d’enquête.

Ce rapport intègre d’ailleurs des propositions de mises à jour des règlementations en matière de protection de la vie privée au Canada. Ainsi, des organismes de réglementation pourrait infliger des amendes ou conduire des audits afin que des entreprises soient en conformité avec les lois du pays.

Quoi qu’il en soit, Facebook n’en a pas fini se faire malmener sur la gestion des données personnelles.