Alors qu’il y a moins d’un an, nous faisions un état des lieux des vulnérabilités autour du processus électoral, avec Pierre-Yves Popihn, Directeur Technique chez NTT Security France, l’Estonie peut se féliciter d’avoir réuni 44% des votants aux élections législatives sur sa plateforme de vote en ligne. C’est un réel progrès qui pourrait inciter de nombreux pays à basculer vers des systèmes similaires.

La vote en ligne a séduit les estoniens lors du dernier scrutin du pays. Près de 44% des votes ont été exprimés par internet. Il y a une vraie différence avec les élections européennes de 2009. À l’époque, seulement 16% des votants avaient été séduits par le vote en ligne. Des résultats qui ne sont pas totalement surprenants, quand on sait que le pays a passé la majeure partie des deux dernières décennies à numériser au maximum les fonctions gouvernementales.

Certains diront que c’est facile pour l’Estonie de réaliser ce genre d’exercice. Le pays est tout petit, il ne compte que 1,3 millions d’habitants. Cette année, seulement 561 131 personnes ont voté. Effectivement, on peut imaginer qu’il faudra plus de temps à d’autres pays pour réussir à instaurer ce type de système électoral. Il y a quelques avantages à voter par voie électronique : vous pouvez modifier votre vote jusqu’à 4 jours avant la fin de la campagne. L’autre avantage ce système est certainement le comptage car il est automatisé. Les résultats peuvent sortir beaucoup plus rapidement.

Un modèle qui ne peut pas être dupliqué dans d’autres pays pour plusieurs raisons : la fracture numérique est bien trop importante dans les pays africains (par exemple) pour imaginer instaurer ce genre de système électoral. N’allez pas croire que le vote en ligne est infaillible : des chercheurs ont découvert qu’il y avait eu des vulnérabilités dans le passé, en Estonie. Si des piratages ont pu avoir lieu à l’échelle d’un pays comme l’Estonie, imaginez ce qu’il pourrait se passer aux États-Unis. Enfin, une instauration en France devrait imposer un virage numérique plus important pour nos administrations. On vous laisse imaginer le bazar.