IA : Google corrige désormais les fautes de grammaire
Intelligence Artificielle

IA : Google corrige désormais les fautes de grammaire

Google vient d'annoncer que son vérificateur de grammaire à base d'IA sera désormais une fonctionnalité native de Google Docs, pour tous les utilisateurs de G Suite, sa suite d'outils et de services Web destinée aux entreprises. Ceci ne concerne que l'anglais.

L’IA progresse chaque jour. Google sait lire à voix haute, sait faire de l’humour, sait reconnaître des photos, il saura bientôt conduire. Mais il y a encore plus dur. Les utilisateurs de la suite Google G Suite vont pouvoir tester désormais un vérificateur de grammaire intégré. Oui, de grammaire…

Ce qui est vraiment intéressant dans cette annonce est précisément la façon dont Google se fait grammairien. Le grand talent du moteur de recherche, on le sait, c’est de savoir faire travailler ses utilisateurs. L’intelligence artificielle de Google a toujours procédé ainsi : elle apprend des réflexes les plus courants qu’ont les humains qui utilisent ses services et elle y repère des « patterns » (modèles). C’est comme cela que Google procède pour transformer son moteur de recherche en moteur de réponses, pour avancer dans la reconnaissance d’images, dans la traduction, etc.

Du correcteur orthographique au correcteur grammatical.

C’est aussi grâce à cela que Google réussit un saut technologique nouveau : passer du correcteur orthographique classique au correcteur grammatical.

Jusqu’à présent, le mot mal orthographié apparaissait en rouge. On a le même genre de services avec Word ou d’autres logiciels. « Je me suis enpressé de coriger ma faute » faisait ainsi apparaître deux alertes. Mais rien n’apparaît pour « il c’est trompé de mot ». Voilà qui devrait changer (en anglais dans un premier temps).

C’est sur ce sujet-là que l’IA a travaillé.

Ces nouvelles suggestions de grammaire dans Google Documents reposent en fait sur un algorithme de traduction automatique. Et c’est ça la bonne idée qu’il fallait avoir. Si Google est capable de reconnaître que « their » aurait dû être écrit en lieu et place de « there » (« leur » au lieu du « il » de il y a en anglais), c’est grâce à son expérience de la traduction automatique.

« Nous avons adopté une approche très efficace de la correction grammaticale fondée sur la traduction automatique », confirme David Thacker, vice-président de Google chargé de la gestion des produits G Suite, dans un point de presse précédant l’annonce. « Dans la traduction, vous prenez une langue comme le français et vous la traduisez en anglais. Notre approche de la grammaire est similaire. Nous prenons un anglais inapproprié et utilisons notre technologie pour le corriger ou le traduire en anglais correct. Ce qui est bien avec cela, c’est que la traduction de langues est une technologie où nous avançons de succès en succès depuis pas mal de temps ».

Concrètement, l’utilisateur de l’outil de traitement de texte de Google va se voir suggérer des modifications, chaque fois que l’intelligence artificielle le jugera nécessaire. L’utilisateur pourra ensuite l’appliquer ou l’ignorer.

Traduction anglais anglais.

D’un strict point de vue philosophique, si Google a raison, et que nous vivons vraiment une époque où, pour devenir un excellent grammairien, il suffit se livrer à une traduction « mauvais anglais / bon anglais », ce qui va devenir passionnant avec cette histoire, c’est de comprendre comment Google va faire la différence automatiquement entre ce qui de l’ordre du « mauvais » et de l’ordre du « bon » anglais.

Si c’est uniquement en fonction du nombre des occurrences, autrement dit, du nombre de gens qui structurent correctement leurs phrases, n’y a-t-il pas un risque de finir dans un scénario quasi-populiste ? Le nombre d’anglais utilisant la suite Google et sortant d’Oxford étant forcément inférieur au nombre de ceux qui n’en sortent pas, les règles de grammaires se décideront-elles désormais à la majorité des voix ?

Des linguistes en arrière-plan

« Nous avons travaillé en étroite collaboration avec des linguistes pour déchiffrer les règles du modèle de traduction automatique et nous avons utilisé ces règles comme fondement des suggestions automatiques dans vos documents, tous basés sur AI », répond dans un blog Vishnu Sivaji, chef de produit G Suite chez Google, commente le site The Verge. « C’est en progressant à partir de cela que les techniques de traduction automatique peuvent intercepter différentes corrections, allant de simples règles grammaticales telles que la façon d’utiliser« a » versus « an » dans une phrase, à des concepts grammaticaux plus complexes tels que l’utilisation correcte de conjonctions subordonnées ».

Pour l’instant, ceci est réservé aux seuls utilisateurs de la version professionnelle de Google Docs.

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