Twitter renforce ses exigences en matière de publicité électorale. À partir du 11 mars, les annonceurs devront être certifiés sur Twitter et avoir une adresse dans l’Union Européenne pour pouvoir faire de la publicité à caractère politique. Cette décision fait suite aux scandales liés à l’immiscion de la Russie dans les diverses élections récentes des pays occidentaux. On se souvient notamment en France de celui concernant le piratage de la campagne d’En Marche .

Les nouvelles règles

Twitter met également en avant son Transparency Center où tout un chacun peut consulter des informations sur les publicités en cours sur la plateforme : la durée des campagnes, etc. Pour les publicités électorales, ce centre ajoutera également des informations telles que les campagnes actuelles et passées, les investissements consentis ainsi que le nom de l’investisseur.

Les tweets assurant la promotion d’un candidat aux Européennes porteront également un icône spécifique pour les distinguer des autres posts. Les annonceurs politiques ayant des pseudonymes Twitter non liés à leur entité certifiée doivent également inclure une clause de non-responsabilité dans leur bio indiquant à quelle « entité certifiée ».

publicités politiques Twitter

Le contexte du scandale russe

Il faut se souvenir que Twitter a été montré du doigt à l’occasion des divers scandales impliquant le rôle de la Russie dans les élections des pays européens.

En octobre 2017, un rapport de BuzzFeed a révélé que 13 000 robots avaient mené une campagne Twitter en faveur du Brexit avant le référendum. En février 2018, sous la pression du parlement britannique, Twitter a reconnu que 49 comptes liés à la Russie avaient contribué à convaincre les électeurs du Brexit. Twitter a présenté sa base de données d’annonces peu après que Facebook eut publié son propre ensemble de directives sur les annonces politiques (qui sont également parvenues en Europe plus tôt cette année).

Impact sur le résultat des élections

Il semble clair que ces campagnes ont pu jouer un rôle dans le résultat des élections. On se souvient que les résultats du Brexit avaient surpris tout le monde, les sondages annonçant la victoire du « oui » jusqu’à la dernière minute. Tous les analystes expliquaient alors à quel point tout s’était joué dans les dernières semaines grâce à la mobilisation sur les réseaux sociaux.

Surtout, la même surprise avait eu lieu quelques mois auparavant avec la victoire inattendue de Donald Trump aux États-Unis. Un candidat qui s’était mis à dos jusqu’aux cadres de son propre parti et qui, pourtant, a gagné. Au lendemain de la victoire, il expliquait lui-même qu’il avait gagné grâce aux réseaux sociaux. En exergue : sa fameuse stratégie de tweets iconoclastes (voir cet article d’alors de 20minutes.fr).