“Annus horribilis connaît pas”. C’est ce que doit se dire David Wehner, le directeur financier (CFO) de Facebook. Le bénéfice trimestriel de l’entreprise a battu toutes les estimations : + 60% sur un an ! Résultat : c’était la joie hier à Wall Street, où l’action a progressé de 4,3% en fin de séance. Les résultats communiqués hier sont en effet bien meilleurs qu’attendu.

Les scandales Facebook sans effet ?

Serait-ce que les scandales n’ont pas prise sur le réseau social ?  Facebook a pourtant connu une année 2018 épouvantable (2019 ne débute pas non sous les meilleurs augures). La société s’est retrouvée devoir faire face à de nombreux scandales entourant la confidentialité des données et la diffusion de contenus toxiques sur son site.

Après l’affaire Cambridge Analytica, Facebook n’a cessé d’être attaquée, son PDG a dû rendre des comptes devant les autorités américaines, les autorités britanniques. Le feuilleton est connu.

Malgré ces controverses, les activités de Facebook ont ​​continué de rapporter des milliards de dollars au cours des derniers mois.

Facebook a clôturé l’année, selon son rapport sur les résultats du quatrième trimestre de 2018 publié hier avec un chiffre d’affaires de 16,9 milliards de dollars, en hausse de 30% sur un an.
Les utilisateurs actifs mensuels ont atteint 2,32 milliards, en hausse de 9% par rapport à il y a un an !

Quand on a la taille des géants du net

Ces deux taux de croissance sont impressionnants compte tenu de la taille de Facebook. Avec 1,523 milliard d’utilisateurs quotidiens actifs, soit 16,6% de l’humanité entière, on commence à se demander où peuvent se trouver les réserves de croissance en la matière.

Et pourtant. Les résultats sont là.

  • Chiffre d’affaires : 16,91 milliards de $
  • Bénéfice par action ; 2,38 $ par action
  • Utilisateurs actifs par mois : 2,32 milliards
  • Utilisateurs actifs par jour : 1,52 milliards.

Nous avons changé la gestion de l’entreprise

“Nous avons fondamentalement changé la manière dont nous gérons notre entreprise pour nous concentrer sur les principaux sujets sociaux et nous investissons davantage pour élaborer des usages nouveaux et inspirants permettant aux gens de se relier”, a déclaré Mark Zuckerberg, le directeur général et fondateur de l’entreprise, hier dans un communiqué, pour expliquer ce + 60% surprenant.

“Notre communauté et notre entreprise continuent de croître”, ajoute-t-il.

Et pour la suite ?

Il va devenir cependant plus difficile de comprendre comment évolue le business de Facebook. David Wehner a en effet annoncé que l’entreprise devrait cesser de donner les chiffres sur l’utilisation de l’application Facebook spécifiquement et ne plus donner que les chiffres du nombre total d’utilisateurs unique de toutes les applications du groupe (Facebook, Messenger, WhatsApp, Instagram, etc.).
Ainsi, si le nombre d’utilisateurs de Facebook baisse, cela se verra moins.
Mais, à ce niveau de performances, on le voit avec ces profits, le réseau social dispose, de toute façon, de sérieux amortisseurs en cas de chute.

Morale de l’histoire.

Les directeurs financiers aiment avoir des petites phrases fétiches, pour toujours rappeler qu’ils travaillent de façon concrète et pragmatique. Du genre “la confiance n’exclut pas le contrôle”. David Wehner peut en ajouter une nouvelle à son bréviaire : “le scandale n’exclut pas le profit”.