En juin 2017, Travis Kalanick annonçait démissionner de son poste de PDG d’Uber. Fondateur de la société en 2009, il a durant plusieurs années suscité la controverse tout comme son entreprise. Entre débats sur le statut des chauffeurs, concurrence déloyale avec les taxis, sexisme au sein de l’entreprise, Kalanick après un moment de retrait quittait officiellement le navire, le 21 juin 2017. Bloomberg a dévoilé la lettre qu’il a reçu de la part des investisseurs le 20 juin 2017 et qui a entrainé sa démission.

La lettre présente en détail les convictions et inquiétudes des investisseurs ainsi que les actions attendues par ces derniers. En voici quelques extraits.
Il est ainsi expliqué « nous vous écrivons pour vous faire part de nos profondes inquiétudes quant à l’avenir d’Uber, de sa volonté d’accepter pleinement les changements nécessaires pour progresser et de votre capacité à les mettre en place. » « Nous croyons tous en la mission d’Uber. Nous vous sommes profondément reconnaissants de votre vision et de vos efforts inlassables au cours des huit dernières années, qui ont créé une entreprise dont la technologie et la main-d’œuvre ont transformé l’idée du transport dans le monde. »

« Cependant, une série de révélations récentes continuent d’affecter les activités d’Uber et mettent sa mission en danger. […] il y a les questions de discrimination, de harcèlement et de représailles qui ont motivé le rapport Holder, ainsi que les allégations publiquement rapportées concernant le comportement des cadres supérieurs d’Uber en rapport avec l’incident du viol en Inde et d’autres questions. Le litige en cours concernant les secrets commerciaux de Waymo et l’enquête Greyball sont également extrêmement graves et non résolus. »
« En tant qu’actionnaires représentant environ 40% des actions avec droit de vote d’Uber et 28% de l’ensemble des actions d’Uber, nous pensons que la société doit immédiatement prendre des mesures concrètes pour résoudre ces problèmes et renforcer Uber. L’entreprise doit changer au cœur de ses activités. Si Uber n’aborde pas de manière adéquate les questions éthiques, culturelles et de gouvernance maintenant, ses activités et sa réputation continueront à se dégrader, au détriment de l’entreprise et de toutes ses parties prenantes, y compris vous. »

Concernant les mesure à prendre, il est expliqué à Kalanick « vous devez démissionner immédiatement et définitivement de votre poste de PDG et confier ce rôle de leadership à des personnes compétentes. Nous avons besoin d’un nouveau PDG de confiance, expérimenté et énergique qui peut aider Uber à naviguer à travers ses nombreux problèmes actuels et à réaliser son plein potentiel. […] Le nouveau chef de la direction doit relever d’un conseil d’administration indépendant qui exercera une surveillance appropriée, ce qui aidera l’entreprise à attirer les candidats les plus qualifiés au poste de chef de la direction. »

Depuis, Dara Khosrowshaki, ancien CEO d’Expedia a repris la tête d’Uber. Les polémiques autour de la société se sont un peu apaisées malgré l’accident mortel causé par une voiture autonome de la société. Uber devrait par ailleurs faire son entrée en bourse d’ici quelques semaines.