Ne vous trompez pas de typographie lorsque vous falsifiez un document
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Ne vous trompez pas de typographie lorsque vous falsifiez un document

Un canadien a été jugé pour avoir falsifié un document dans le cadre d’une procédure de liquidation. Le tribunal a identifié la supercherie grâce à l’évolution des typographies utilisées.

Gerald McGoey, un millionnaire canadien, ancien PDG de la société Look Communications a déposé le bilan en décembre 2017. Cependant, lorsque les personnes missionnées pour gérer la liquidation ont commencé à regarder de plus près les documents fournis, ils ont remarqué que certains utilisaient une typographie sortie à une date postérieure à la date du document. En effet, l’entrepreneur souhaitant protéger deux de ses biens immobiliers, il a falsifié des documents, mais a oublié un détail subtil.

Pour son premier bien immobilier, Gerald McGoey a écrit ces documents en utilisant Cambria. Seul hic, elle est apparue sur nos ordinateurs en 2002, et le document a été antidaté à 1995. Pour le second bien, même erreur. Le document est daté de 2004, mais utilise la typographie Calibri, qui a été déployée avec Windows Vista en 2007.

Pour mettre en lumière cette supercherie, pas évidente à détecter, le tribunal s’est rapproché de Thomas Phinney, un expert de police d’écriture. Ainsi, dans le jugement on apprend que « Mr Phinney déclare que personne d’autre qu’un employé de Microsoft, un consultant, ou un designer sous contrat, n’aurait pu créer un document … en utilisant le caractère Calibri en mars 2004 ».

Au final, Gerald McGoey s’est vu infliger l’obligation de rembourser 5,6 millions de dollars perçus dans le cadre de sa liquidation. De quoi dissuader d’autres personnes de tenter de falsifier des documents.

Pourtant, ce n’est pas la première fois les typographies, et particulièrement Calibri, permettent de mettre en exergue une tentative de fraude. Lors des Panama Papers, le premièr ministre pakistanais de l’époque avait été lié à deux sociétés offshore. C’est alors que sa fille (inscrite comme représentante de ces sociétés) avait publié des documents datés de 2006 stipulant qu’elle n’était qu’une simple mandataire, mais écrits en Calibri. Les internautes ont rapidement remarqué ce léger détail et l’ont largement relayé sur les réseaux sociaux.

Pour les plus habiles d’entre nous, nous avons déjà falsifié un document afin de créer rapidement une attestation de logement, ou rendre un document à jour, lorsqu’il doit être daté de moins de 3 mois. Cependant, la création d’un faux document de A à Z implique de bien prendre en compte des détails aussi bêtes que l’âge d’une typographie, en fonction de la date utilisée. Pour luter contre cette pratique, il pourrait être intéressant de mettre en place des moyens d’horodatage sur une lettre, en modifiant une de ses courbes, ou un de ses angles, par exemple.

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