L’urban mining, c’est le nom d’une technique qui consiste à extraire des matériaux bruts logés dans les déchets d’équipements électriques et électroniques (DEEE). Encore peu connue, cette méthode fait ses preuves et elle pourrait bien être la solution pour inverser (ou du moins minimiser) les dommages faits à notre planète. Quels avantages offre l’urban mining, pourquoi faut-il l’adopter au plus vite et que peut-on faire en tant qu’individu ?
En effet, de nombreux gadgets technologiques, de la simple clé USB au lave-linge, nous rendent la vie plus facile et sont d’excellents instruments nous permettant d’augmenter notre productivité et notre style de vie. Au lieu d’utiliser des tonnes de papier pour le transfert de documents, ceux-ci sont efficacement logés dans une petite clé et se passent facilement, et plus besoin de passer une journée entière à frotter du linge sale, on peut vaquer à ses occupations pendant que la machine le fait à notre place. Mais le problème surgit lorsque nous voulons le nouveau modèle de tel ou tel appareil et devons nous débarrasser de l’ancien… qui va finir en montagne de polluants. Pour arrêter d’alimenter ce cercle vicieux il y a plusieurs solutions.

Tout d’abord, au niveau individuel nous pouvons tous nous y atteler, en commençant par prendre soin de nos appareils lorsqu’on les acquiert pour en avoir l’utilité de nombreuses années plutôt que d’en acheter des nouveaux régulièrement. Le mot d’ordre ici est de réparer ce que l’on possède au lieu de jeter, un adage qui se perd dans notre société moderne mais qui ne demande qu’à refaire surface. Ensuite lorsqu’un objet est réellement en fin de vie, il est important de savoir ou le mettre pour qu’il soit recyclé, non les vieilles pièces électroniques ne vont pas dans la poubelle standard !

Deuxièmement, à plus grande échelle l’urban mining est la solution qu’il nous faut. Nous vivons sur une terre aux ressources finies (en tous cas pour nous, humains) et nous puisons dans celles-ci de manière effrénée. Pendant ce temps, nous avons des montagnes de déchets qui eux contiennent les mêmes métaux que ceux dans les mines. Petit à petit, nous découvrons qu’il est en réalité plus économique de recycler ces déchets plutôt que d’extraire de l’or de la terre. Recycler ces e-déchets en les réinsérant dans le cycle de production de nouveaux appareils électroniques fait partie de l’adoption d’un type d’économie appelé économie circulaire, qui consiste justement à recycler plutôt que jeter. De plus, comme cette technique est encore peu exploitée, il y a des tonnes de DEEE dans le monde qui n’attendent que d’être réutilisés, s’y logent même des métaux rares qu’il est difficile de trouver ailleurs à présent.

En pratique, il faut donc ouvrir des centres de recyclage adaptés, ce qui créerait de nouveaux emplois par la même occasion. L’urban mining a aussi le pouvoir de réduire les conflits en lien avec les pays miniers, ainsi que diminuer les emplois précaires et néfastes des mineurs. De plus, la demande toujours grandissante des appareils électroniques va à un moment donné, excéder la quantité disponible et la vitesse d’extraction des mines. La méthode de l’urban mining pourrait aussi aider les pays moins fortunés chez qui des tonnes d’e-déchets sont exportés pour s’en débarrasser, maintenant que l’on connait le potentiel de ces appareils usagés.
La solution existe, il est donc temps de s’atteler aux changements pour construire un monde fondé sur la notion de durabilité. L’industrie de la technologie n’est pas à bannir et il n’est pas question de revenir en arrière, au contraire c’est cette même technologie qui a le pouvoir de participer à une transition écologique et économique intelligente.