Une fuite inquiétante s’est produite hier soir au sein du syndicat de police Alliance. Celle-ci a été orchestrée, d’après le syndicat visé, par les Anonymous. Ce sont les informations de 498 policiers qui ont été hackées, parmi celles-ci : les noms de policiers, leurs emails, leurs numéros de téléphone personnel et même parfois leur affectation dans les rangs du ministère de l’Intérieur. Inutile de préciser qu’il s’agit de données extrêmement sensibles, notamment dans le contexte de violences actuelles que nous vivons. Cette information a été confirmée à L’Express par les services de renseignements français. Nous sommes assez loin de l’ampleur des attaques perpétrées contre le Pentagone, il y a quelques semaines, qui compromettaient les données de 30 000 employés.

Le fichier concerné par la cyberattaque est un document nommé “listing de permutations”. C’est dans ce dernier que les adhérents au syndicat Alliance demandent à changer d’affectation. Les personnes concernées sont d’ores et déjà prévenues de l’attaque qui a eu lieu et des données qui leur ont été volées. Alliance a présenté ses excuses à ses adhérents et se prépare à déposer plainte par la voix de son avocat. Pour le moment, tout laisse à penser que le hacker aurait agi de l’étranger. Son adresse IP pourrait être tracée et sa trace remontée.

Le secrétaire général adjoint d’Alliance, Frédéric Lagache à déclaré cela : “évidemment certains de nos adhérents sont mécontents, voire inquiets, et on les comprend”. Léger soulagement : les adresses physiques des fonctionnaires ne figurent pas dans le dossier volé. C’est une affaire qui surgit au moment où le syndicat travaillait justement sur la sécurisation des données de ses adhérents. Frédéric Lagache précise que : “tous nos collègues de la DGSI et, plus largement ceux bénéficiant d’une habilitation secret défense, ont été sécurisés en premier lieu il y a quelque temps, et l’ensemble de nos fichiers sensibles sont maintenant entièrement chiffrés et sécurisés”.