YouTube en lutte contre la contrefaçon. La plateforme a annoncé avoir rétribué à hauteur de 3 milliards de dollars  des ayants droit. Un chiffre que l’on doit à l’outil Content ID, selon un rapport sur le piratage en ligne publié ce mercredi par Google.

Depuis 2007, ce logiciel compare chaque jour les vidéos postées sur son site à des « empreintes numériques » de contenus fournies par les ayants droit. Grâce à un partenariat avec 9 000 studios de cinéma et labels, YouTube dispose d’une base de données de plus de 80 millions d’oeuvres. Ainsi, si des correspondances sont constatées, une part des gains générés par la vidéo est directement versé aux auteurs de l’oeuvre originale. Ces derniers ont aussi la possibilité de demander le blocage du contenu, ou bien de la monétiser en y ajoutant des publicités.

Selon YouTube, cet outil permettrait de mieux lutter contre les contrefaçons, mais surtout de mieux rémunérer les artistes et auteurs. Une affirmation remise en doute par l’industrie musicale. La Sacem accuse ainsi  YouTube de ne pas reverser suffisamment d’argent aux auteurs. « Une musique vue un million de fois sur YouTube rapporte entre 80 et 100 euros à un auteur. Sur Spotify, c’est dix fois plus, » selon la Sacem. Un constat explicable par le fait que le modèle de rémunération de YouTube, est basé sur la publicité, et non sur l’abonnement comme Spotify ou Deezer.

Parallèlement, YouTube a aussi annoncé avoir reversé 1,8 milliard de dollars entre octobre 2017 et septembre 2018 aux maisons de disques. Une somme entièrement dûe  aux tranches publicitaires. De quoi donner à ses concurrents, une idée de la place XXL que prend la plateforme dans le streaming musical

Pour prouver son engagement dans la protection du droit d’auteur, YouTube se vante dans son rapport d’avoir investi plus de 100 millions de dollars dans le perfectionnement de cet outil. « Content ID peut désormais repérer les tentatives visant à échapper à la détection, par exemple en modifiant le format d’image d’une vidéo, en inversant horizontalement les images et en accélérant ou en ralentissant l’audio“, rapporte Google. “Grâce au machine learning, Content ID peut désormais détecter des mélodies, des vidéos et des audio protégés – ce qui permet d’identifier les reprises de chansons et les remix“, rajoute l’organisation mère de YouTube.

Ce rapport prend place dans un moment où l’hébergeur de vidéos a appelé à se mobiliser contre la réforme européenne du droit d’auteur approuvée le 12 Septembre au Parlement européen. YouTube la considère comme une mise en péril « du secteur florissant de la création de vidéos sur Internet » selon les termes de Susan Wojcicki, PDG de YouTube.