Études Insights

Le réchauffement climatique va tuer le patrimoine méditerranéen

Selon des chercheurs allemands et anglais, 47 des 49 sites méditerranéens classés à l’Unesco risquent de disparaître dans le futur, et le réchauffement climatique a une forte incidence sur cet état de fait.

Le Machu Picchu et le Taj Mahal ne sont décidément pas les seuls sites à être menacés par le réchauffement climatique. Dans une étude publiée ce mois-ci dans la revue nature communications, des chercheurs de l’Université de Kiel (Allemagne) et de Southampton (Angleterre) ont mis en évidence les risques d’érosion et d’inondation des sites patrimoniaux méditerranéens dans le futur, intimement liés au réchauffement climatique . Ces risques menaceraient pas moins de 47 des 49 sites classés au patrimoine mondial de l’humanité par l’UNESCO aujourd’hui.

Des risques très clairs

Les sites historiques méditerranéens étant bien évidemment situés en bord de mer, les principales menaces auxquelles ils font face est l’érosion et l’inondation. 37 sites seraient submergés en cas de forte inondation (un phénomène courant à l’échelle d’un siècle), et 42 pourraient disparaitre à cause de l’érosion côtière qui les rapprochent inexorablement de la mer. Pourtant, comme si cela ne suffisait pas, le réchauffement climatique va grandement amplifier les risques. Avec la montée du niveau de la mer dans les prochaines années, les risques d’inondation pourraient être 50% supérieurs d’ici 2100, et l’érosion augmentera significativement. Seuls la médina de Tunis et la sanctuaire antique de Léto échapperaient alors à un danger massif.

Menaces d'inondation des sites UNESCO méditerranéens  en 2000/ menaces en 2100
Menaces d’inondation des sites méditerranéens en 2000/ menaces en 2100

Les autorités publiques dénoncées

Les chercheurs ont tenus à dénoncer le manque de recherche des états concernant les risques liés au changement climatique, et ce malgré que la protection des sites UNESCO revête un caractère mondial. Seule Venise, dont on connait les risques de disparition depuis longtemps, a pris les mesures nécessaires avec un chantier de 5,5 milliards d’euros. À coté de ça, des sites particulièrement sensibles, comme les vestiges archéologiques de Tyr au Liban, fondés sur le sable et déjà à proximité immédiate de l’eau, risquent de disparaitre bien trop vite. Dans ce contexte, on espère que la montée en puissance des mobilisations citoyennes, et les efforts concédés par certaines grandes sociétés pour privilégier des énergies à moindre empreinte carbone, permettront d’inverser suffisamment la tendance. En effet, personne ne veut d’un monde où les quelques merveilles du monde qui subsistent, comme le temple d’Artémis à Ephèse, auront disparu.

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