Lors d’une conférence privée à Bruxelles ce mercredi, le PDG d’Apple est revenu sur l’importance, selon lui, d’appliquer aux USA le modèle européen concernant la protection des données. Il a pour cela comparé la collecte massive d’informations numériques au complexe militaro-industriel, n’hésitant pas à les qualifier d’armes de puissance similaire.

Le discours était apparemment profond, passionné. Dans une interview donné ce samedi à Bruxelles, Tim Cook a encensé le RGPD. Alors que le président du CES de Las Vegas l’avait violemment critiqué, le PDG d’Apple a plus qu’approuvé ce règlement passé ce 25 mai 2018 en Europe, et souhaite voir un équivalent émerger à l’échelle américaine. Pour rappel, le RGPD ou règlement générale de protection des données, est une loi qui a été appliquée pour garantir plus de protection des données numériques personnelles aux citoyens de l’espace européen.

Des propos qui soulignent sérieusement les dangers de la collecte des données

Comme nous le disions plus haut, Tim Cook a souligné avec force le danger que représente la collecte des données aux USA. Il a déclaré que le rassemblement des informations numériques par les entreprises s’était transformé en une arme agissant contre les particuliers avec une efficacité militaire, et a rappelé que les algorithmes qui nous facilitent la vie savent également parfaitement faire ressortir nos pires défauts. Dans cette veine, il est difficile de ne pas penser à la bulle dans laquelle nous enferme les contenus personnalisés, nous empêchant d’ouvrir nos horizons, ou à comment certaines applications et sites web stimulent nos égos ou nous rendent esclaves d’un contenu.

Tim Cook veut un RGPD américain.. et même mondial !

« Il est temps pour le monde… de suivre votre modèle », on peut difficilement faire plus clair. Tim Cook en a profité pour rappeler qu’Apple ferait son maximum pour supporter les États-Unis s’ils décident de réglementer davantage le contrôle des données, dégageant d’ailleurs quatre points essentiels pour de nouvelles lois. « La réduction des données collectées, le droit des usagers à connaitre quelles données sont collectés sur eux, le droit d’accéder à leurs données, et le droit que ces dernières soient protégés ». Des problématiques plutôt bien tenues en Europe, avec l’aide considérable de la CNIL en France concernant l’accès aux données. Alors qu’outre Atlantique, le manque de protection des données représente un problème à lui seul.

Apple, un garant de la protection des données ?

Contrairement à ce que l’on pourrait croire, Apple, malgré les défauts qu’on peut lui reprocher, a toujours combattu publiquement la collecte des données. Tim Cook avait par exemple ouvertement critiqué son compatriote Facebook lors de l’affaire Cambridge Analytica. De plus, Apple est connu pour s’être opposé plus d’une fois à des demandes gouvernementales d’accès aux données, en étant allé jusqu’à refuser à la police américaine l’accès à l’iPhone d’un prisonnier. Du coté de la rumeur publique, beaucoup accusent la firme à la pomme de collaboration avec la NSA. Pourtant, bien qu’elle possède les empreintes digitales et l’identification faciale d’une bonne part de la planète, c’est là encore pour le contraire qu’elle s’est fait remarquer jusqu’à présent.