Admirer de chez soi les plus belles œuvres d’art en 3D, les toucher, les apprécier, les sublimer, en long, en large ou en travers puis, d’un clic, les acheter sans avoir à se déplacer. Un rêve ? Non, une réalité. Car depuis maintenant quelques années, la vente d’œuvres d’art en ligne, encore marginale il y a une décennie, est aujourd’hui monnaie courante et représente à elle seule un véritable défi dans l’ère numérique.

En 2013, pour reprendre quelques chiffres, les ventes en ligne ne représentaient que 10% du chiffre d’affaires global du marché de l’art. Entre 2012 et 2015, internet a vu plus de 300 sites de vente d’art en ligne se créer, soit au bas mot, quasiment 2 sites par semaine pour arriver en 2016 à une progression de 15% selon un rapport effectué en 2017. Une courbe qui ne cesse de croître encore aujourd’hui en 2018 et dont les retombées financières pourraient atteindre en 2020 10 milliards de dollars, selon le créateur de l’excellente plate-forme Seezart, destinée à l’authentification des œuvres en ligne.

Le numérique pour servir l’œuvre et l’artiste à travers le monde

Il est clair, et les chiffres le prouvent, qu’Internet a bousculé sur son passage toutes les conventions existantes du marché de l’art aussi bien en termes de découverte que d’achat, et ce, à travers le monde entier. Pour les artistes, c’est l’opportunité de donner naissance à leurs œuvres en évitant le coût souvent trop élevé d’une galerie et de faire montre de transparence quant à l’authenticité de leur travail, notamment avec l’apparition de la « blockchain », la nouvelle technologie de stockage et de transmission de l’information qui permet de retracer de façon irréfutable tout le parcours d’une œuvre. Rétablir la confiance dans un marché trop souvent entaché de duperie et redonner l’envie à l’acheteur de se procurer des œuvres d’art était essentiel et, pour cela, le numérique a permis d’ouvrir une porte vers cette transparence.

Mais pas seulement. Le marché de l’art en ligne, c’est aussi un véritable « Sésame, ouvre-toi ». L’occasion inespérée de découvrir des milliers d’œuvres du bout du monde et de faire connaître au public tout un panel de jeunes artistes.

Si l’on prend Artsper, le numéro 1 de la vente d’art en ligne, ce ne sont pas moins de 70 000 œuvres exposées sur le site avec plus de 10 000 artistes, connus ou inconnus, et ce, dans toutes les thématiques. Une fluorescence de talents que l’on retrouve aussi sur Singulart ou Lot-Art, entre autres, parmi les meilleurs sites d’art de vente en ligne. Comme le rappelle Frédéric Romarto dans cet article, « le marché de l’art en ligne comptera vers 2020 pour moitié dans le chiffre d’affaires global de ce secteur. »

La « blockchain » ou la protection ADN des œuvres d’art

Technologie la plus sécurisée à ce jour, la blockchain, est un processus de gestion permettant le stockage des données numériques, la gestion de leur cryptage et la perfection de leur retransmission. C’est elle qui contient l’ensemble des échanges effectués entre les utilisateurs. Les œuvres d’art peuvent ainsi être suivies à chaque étape de leur parcours, gravées dans des certificats d’authenticité digitaux, infalsifiables et totalement inviolables. Le mathématicien Jean-Paul Delahaye définit la blockchain avec simplicité : « comme un grand cahier que tout le monde peut lire librement et gratuitement et sur lequel tout le monde peut écrire, mais qu’il est impossible d’effacer. »

Des startups comme MONUMA capitalisent d’ores et déjà sur cette technologie afin de faciliter l’évaluation et la certification d’objets de valeurs.

Vous l’aurez compris, le marché de l’art se renforce grâce au numérique. Plus intelligent, plus ouvert, plus sûr, l’authenticité se mêle à la modernité.

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