La toile s’est emballée à la fin du mois de juin lorsque plusieurs médias ont présenté un brevet déposé par Facebook. Ce brevet détaille une méthode permettant d’allumer votre micro lorsqu’il capte un certain son émanant d’un téléviseur. En vérité, il n’en est rien puisque les documents du brevet n’évoquent ni le mot « micro » ni le mot « téléphone ». Comme le précise The Verge, il suffit de lire le document pour se faire une réelle idée de l’utilité de la technologie de Facebook.

L’explication des chercheurs du plus grand réseau social du monde est moins fourbe que ce qu’on voudrait nous laisser croire. Pour faire simple, il y a un pont entre deux appareils. Pour fonctionner, l’un identifie l’utilisateur et reçoit une empreinte audio. Il associe ensuite cette empreinte avec un contenu et peut alors savoir si ce dernier a déjà été consulté, et combien de fois, ou pendant combien de temps.

Procédé mis en oeuvre par ordinateur comprenant : recevoir, par un système en ligne à partir d’un dispositif client, un ensemble de données comprenant un identificateur d’un individu associé au dispositif client, une empreinte audio ambiante représentant l’audio ambiante capturée par le dispositif client pendant une diffusion par un dispositif domestique à proximité du dispositif client, et des informations temporelles indiquant une durée de l’audio ambiante capturée par le dispositif client ; identifier un profil d’utilisateur associé au système en ligne sur la base de l’identificateur de l’individu reçu du dispositif client ; identifier un élément de contenu associé à la diffusion sur la base de l’empreinte audio ambiante ; déterminer qu’il y avait une impression de l’élément de contenu identifié par l’utilisateur identifié associé à l’appareil client en réponse à la durée pendant laquelle l’audio ambiant dépasse un seuil de détection ; enregistrer l’impression de l’élément de contenu identifié en association avec le profil de l’utilisateur dans une base de données du système en ligne ; déterminer si les données d’impression dans la base de données dépassent une valeur d’impression seuil ; et répondre à la question de déterminer que les données d’impression dans la base de données dépassent la valeur d’impression seuil, envoyer une instruction à un fournisseur de contenu pour augmenter la fréquence de diffusion du contenu dans le dispositif de l’appareil domestique.

Ce qu’il est intéressant de noter, c’est l’expression « dispositif domestique à proximité du dispositif client » qui n’apparaît qu’une seule fois. Pourquoi celui-ci ne serait pas cette fameuse enceinte intelligente que Facebook devait lancer au F8, mais pas en phase avec le scandale de Cambridge Analytica ? Car ici, il s’agirait de capter l’audio d’un appareil (un smartphone pourquoi pas) depuis un autre appareil (une enceinte) au même moment. De plus, ce système pourrait être similaire à celui déjà intégré par Amazon qui permet de bloquer le déclenchement involontaire d’Alexa au passage d’une publicité.

Beaucoup d’autres mécaniques et applications sont possibles avec un description floue comme celle-ci. Néanmoins, Facebook a répondu à Engadget expliquant « qu’il n’a pas l’intention de mettre en œuvre la technologie décrite dans le brevet. » Le réseau a également précisé que le brevet a été déposé afin de prévenir d’une possible prise d’avance d’un concurrent.

Effectivement, les GAFA déposent des brevets à foison dans le but de maintenir une avance sur les autres, et bloquer le développement des autres. Donc … soit Facebook finira par intégrer cela dans son enceinte, un jour, soit cette technologie pouvant être utilisée pour de la publicité chez des concurrents restera la propriété du géant.