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Lunchr lève 11 millions pour déployer ses titres-restaurant nouvelle génération

C’est bien connu, l’appétit vient en mangeant. 4 mois seulement après avoir s’être officiellement lancé sur le marché des titres-restaurant dématérialisés, Lunchr vient de boucler un tour de table à hauteur de 11 millions d’euros. De quoi attaquer avec ambition un juteux marché estime à  6 milliards d’euros. Ajoutez un soupçon de contexte légal favorable avec la disparition des titres-restaurant papiers à horizon 2020, et vous obtenez une nouvelle fintech française prête à décoller.

Au commencement, une stratégie « écran de fumée » pour ne pas attirer l’attention

L’aventure Lunchr démarre fin 2016, lorsque Loïc Soubeyrand, fondateur de Teads, annonce le développement d’une application de pré-commande de déjeuner. C’est le fond Daphni qui investit 2,5 millions d’euros dans ce qui semble à l’époque n’être qu’un acteur foodtech supplémentaire de la commande en ligne. Et c’est justement cette stratégie « écran de fumée » comme le décrit son fondateur, qui permet a Lunchr d’opérer en dessous des radars pendant environ un an.

Avant de se révéler au grand jour le 1er février 2018 donc. Lunchr, de food BtoC à fintech BtoB : la startup met à disposition des salariés une carte MasterCard® permettant de payer en titres-restaurant dans plus de 180 000 restaurants et supermarchés en France. Cette carte est associée à une application type « néo-banque » offrant la possibilité de gérer son solde, sa carte et ses notifications de paiement, mais surtout de commander à emporter et en équipe.

Les titres-restaurant, un oligopole qui pèse 6 milliards d’euros

3,5 millions de salariés sont concernés par les titres-restaurant. Pour les distribuer ? 4 acteurs se partagent le gâteau.

« On s’attaque à un marché qui vient de fêter ses cinquante ans et qui est un oligopole tenu par quatre acteurs : Edenred, Chèque-déjeuner, Natixis et Sodexo » comme le presente Loïc Soubeyrand.

Pour soutenir son créneau de la full dématérialisation, Lunchr s’appuie sur 2 éléments centraux. L’interface utilisateur d’abord, simplifiée et optimisée. Les employeurs peuvent passer commande en moins d’une minute, et dès validation, les employés voient leurs cartes créditées en temps reel. L’expérience utilisateur ensuite. Pour accélérer la transition du papier au digital, la start-up a conçu son application autour d’un principe de convivialité : la commande en équipe permet de débloquer par paliers des réductions, offrant jusqu’à -30% sur l’addition totale.

92% d’entre eux affirment avoir partagé un déjeuner avec des coéquipiers avec lesquels ils n’avaient jamais déjeuné auparavant.

Contexte légal favorable et internationalisation en 2019

Moins de 4 mois après son lancement, un second tour de table (auquel Daphni a de nouveau participé) a engrangé 11 millions d’euros . Si les 600 entreprises clientes revendiquées assoient une première base intéressante, Lunchr veut maintenant franchir un cap. Loic Soubeyrand plante le déco, objectif affiché :

[…] dépasser ainsi la barre des 100 000 employés utilisant Lunchr dans quelques mois seulement. L’idée, c’est de couvrir d’ici rapidement l’intégralité du territoire français, puis, en 2019, d’aller attaquer l’international ».

Pour soutenir l’hypercroissance, l’entreprise devrait tripler ses effectifs d’ici la fin de l’année et passer à 60 employés. Cerise sur le gâteau,  la ministre du Travail Muriel Penicaud a annoncé en janvier 2018 que les titres-restaurant papier allaient prochainement disparaître, probablement à horizon 2020.

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