Selon un récent rapport, certaines entreprises chinoises telles que Alibaba et Baidu publieraient des offres d’emploi en spécifiant qu’elles recherchent obligatoirement un homme.

Le lundi 23 avril, l’ONG Human Rights Watch a publié un rapport intitulé « Seuls les hommes sont priés d’être candidats : les discriminations entre les sexes dans les offres d’emploi en Chine » qui met en valeur les discriminations de genre en Chine. Il a été réalisé en se basant sur l’analyse de plus de 36 000 annonces postées entre 2013 et 2018, sur les sites des entreprises, les réseaux sociaux ou les plateformes de recrutement du pays.

Selon celui-ci, de nombreuses entreprises chinoises issues de la tech n’embaucheraient que des hommes, au détriment des femmes. De plus, les offres d’emploi d’entreprises telles que Alibaba, Tencent, Baidu ou Huawei indiqueraient clairement que le profil recherché doit obligatoirement être un homme. Officiellement, ce type de discriminations est illégal, bien que la loi ne soit pas réellement appliquée à ce sujet, indique Human Rights Watch. Aussi, la loi chinoise ne semble pas préciser avec certitude ce qui constitue clairement une discrimination fondée sur le genre.

De fait, Alibaba, Tencent et Baidu ont  publié des annonces indiquant qu’ils voulaient embaucher un homme. Quant à ce premier, il est accusé de se servir du physique des femmes qu’il emploie dans ses campagnes de recrutement, mentionnant des « déesses » et des « beautés ». En 2015, le groupe avait été vivement critiqué après avoir posté une annonce recherchant un « computer programmer’s motivator », soit une personne chargée de motiver les développeurs. Le profil recherché devait partager des traits physiques avec l’actrice X japonaise Sola Aoi.

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Suite au rapport de Human Rights Watch, Tencent a déclaré : « Nous sommes désolés que cela ait pu se passer et allons prendre des mesures pour nous assurer que cela ne se reproduit pas ». Le groupe a également indiqué qu’il allait procéder à des « changements immédiats ». Pour sa part, Alibaba a annoncé qu’il donnait les mêmes opportunités aux deux genres et que 47% de ses employés étaient des femmes. Néanmoins, il précise qu’il « évaluera [les offres d’emploi] de plus près ». Baidu s’est lui aussi excusé en évoquant le fait que ces annonces étaient des « cas isolés ».

La culture misogyne dépeinte par le rapport de Human Rights Watch en Chine n’est pas sans rappeler le récit de la journaliste Emily Chang, à l’origine du livre Brotopia: Breaking Up the Boys’ Club of Silicon Valley. Dans ce dernier, elle donne la parole à plusieurs témoins qui racontent la difficulté des femmes à se faire une place dans le secteur de la tech.

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