Technologie

Ayno : une plateforme pour faire émerger l’innovation et les talents dans les entreprises

"Au-delà de la transformation digitale, c’est une transformation de l’organisation. On installe une nouvelle façon de travailler"

L’intrapreneuriat est certainement un mot très à la mode lorsqu’on évoque la transformation digitale, ou les nouvelles approches en gestion des ressources humaines. Pourtant, pour Ofer Attali, c’est un thème qu’il maîtrise depuis plus de 10 ans déjà. Fondateur de la société Ayno, il a créé la plateforme éponyme permettant aux entreprises de favoriser l’émergence d’innovations grâce à l’intrapreneuriat.

« C’est un dispositif qui permet aux entreprises de gérer leurs démarches d’innovations et d’intrapreneuriat en misant sur deux axes : la collaboration sociale et l’aspect ludique des démarches d’innovation. Nous agissons sur ces deux axes-là pour faire en sorte d’avoir beaucoup de personnes, enthousiastes, qui viennent proposer des projets innovants, disruptifs, et qui peuvent parfois donner naissance à des produits, » nous précise Ofer Attali. Et ça marche ! Ayno compte parmi ses clients de grandes entreprises comme L’Oréal, Air France, Mazars, la Société Générale, Orange, et même Tunnel du Mont-Blanc. Peu importe la taille de la structure, la plateforme est entièrement personnalisable selon les besoins de l’entreprise.

Si auparavant, le service proposé par Ayno était très, voire trop structuré, « très process, avec des comités de sélection », Ofer Attali n’a pas tardé à s’en éloigner pour « opérer le pivot du SaaS ». Aujourd’hui, tout se fait directement en ligne, sur un espace aux couleurs de l’entreprise et en marque blanche. La plateforme est livrée clé en main et offre un « processus qui est très outillé, très linéaire et très fluide ». Les étapes d’avant-projet consistent à proposer un concept et constituer une équipe avec plusieurs spécialités. Ces dernières peuvent être accessibles directement depuis le site où l’utilisateur pourra découvrir des profils et leur proposer de rejoindre son projet. Les étapes suivantes consisteront à réaliser un cadrage de projet et travailler à plusieurs pour aller pitcher son idée devant un comité qui décidera de soutenir ou non le projet. Si l’idée est soutenue, elle rentre en phase d’incubation. À son terme, l’équipe présentera ses résultats pour que l’entreprise fasse le choix de développer une offre.

Ayno Intrapreneuriat
L’équipe de la société Ayno.

Un des meilleurs exemples de la mise en place de la plateforme Ayno en entreprise est probablement celui de la Société Générale (SG). La banque a souhaité amorcer une démarche d’intrapreneuriat lancée en novembre 2017 et appelée Internal Startup Call. Ouverte à l’ensemble des collaborateurs (148 300 dans 76 pays) la thématique porte sur l’invention la banque de demain. Si les collaborateurs ont des idées de développement de startups en interne, la SG se propose de les soutenir. La démarche est inédite pour la banque et les résultats très encourageants. « 17 000 collaborateurs sont venus sur la plateforme en deux mois. 600 concepts de startups ont été sourcés, pour engager environ 2500 collaborateurs ». Un collaborateur engagé signifie qu’il est inscrit sur la plateforme et sur un projet. « In fine, 60 projets sont passés en incubation », ce qui porte à 10% l’aboutissement d’une idée, et c’est un « très bon ratio, surtout que pour incuber un projet, l’un des prérequis est d’avoir un directeur de BU ou un directeur de pôle qui sponsorise le projet ».

Au-delà de la transformation digitale d’une société, l’intrapreneuriat représente un intérêt fort dans la gestion de ressources humaines. De telles démarches permettent bien évidemment d’identifier des talents, mais également de les conserver avec des projets innovants.
« Au-delà de la transformation digitale, c’est une transformation de l’organisation. On installe une nouvelle façon de travailler, on réengage les collaborateurs, on leur donne un peu plus de pouvoir en leur permettant de soumettre des projets et de les réaliser. En termes de transformation de culture, c’est un premier effet qui est vraiment intéressant. Ensuite, le fait d’avoir des mobilisations importantes et l’utilisation de Ayno comme un LinkedIn interne en soumettant ses compétences permettent d’identifier des talents et de créer un référentiel de compétences qui n’existe pas dans l’entreprise, » confirme Ofer Attali. « Si demain j’ai besoin de trouver des ressources pour un projet d’innovation, je peux me rendre directement sur la plateforme ».

Plus que jamais, la rétention de talents, et la réussite de l’innovation d’une entreprise doivent passer par un virage dans les cultures. L’intrapreneuriat semble être une voie qui offre de nombreux avantages à tous les niveaux hiérarchiques.

Fort de son succès en France Ayno, collabore déjà avec des entreprises basées en Europe, et projette un déploiement vers l’international pour le début de l’année 2019.

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