Suite aux critiques qui se sont élevées contre une potentielle abolition des mandats présidentiels, les autorités chinoises ont durci une fois de plus leur politique de censure sur les réseaux sociaux.

Décidément, la censure en Chine n’en a pas fini de battre son plein. Il y a quelques mois, l’ONG Freedom House a publié son rapport annuel portant sur la liberté que chaque pays a (ou n’a pas, accessoirement) sur Internet. Sans surprise, la Chine obtient le score du pays qui possède le moins de libertés sur Internet au monde. Si l’Éthiopie et la Syrie ne sont pas loin derrière, la Chine l’emporte tout de même avec un résultat de 87 sur 100 (100 étant le pire score). En République populaire, les utilisateurs possèdent très peu de liberté et n’ont, pour rappel, pas accès aux géants du web occidentaux : Facebook, Google, Instagram, Skype…

Chine censure

© Freedom House

Chine censure

© Freedom House

Lors d’événements politiques pouvant être sujet à des tensions, les autorités ont tendance à verrouiller un peu plus l’accès à l’information et la parole sur le web. C’est le cas depuis dimanche 25 février, date à laquelle le gouvernement chinois a révélé qu’il souhaitait modifier la constitution afin de mettre fin au mandat présidentiel. Si une telle proposition entrait en vigueur, cela signifierait que le président actuel Xi Jinping pourrait rester à son poste à vie. À l’origine, il était prévu qu’il quitte le pouvoir en 2023, après deux mandats présidentiels successifs de 5 ans.

Une telle déclaration a déclenché une masse de réactions sur les réseaux sociaux, et si la majorité des commentaires sont rapidement censurés, beaucoup continuent à affluer depuis dimanche. Les plateformes servant à relayer ces messages sont majoritairement le service de micro-blogging Weibo et l’imposant réseau WeChat (équivalent chinois de Facebook). Des messages ont été diffusés en masse, mais aussi des memes représentant Winnie L’Ourson, en raison du fait que le personnage évoque une certaine ressemblance avec le président Xi. Tout ces messages ont été supprimés rapidement après leurs mises en ligne et d’autres termes tels que « amendement de constitution », « réélu », « se proclamer empereur » et « deux mandats » sont maintenant filtrés par la censure.

Bon nombre d’internautes ont aussi évoqué les similitudes entre la Chine et la Corée du Nord, pays dans lequel règne depuis six ans en tant que dirigeant suprême. Troisième représentant de la dynastie communiste Kim, il cumule à ce jour six fonctions politiques.

Source : The Verge