En mai entrera en vigueur le Règlement Général sur la Protection des Données de l’Union Européenne (RGDP), dont le but est d’augmenter la protection des données et offrir une plus grande transparence aux personnes visées. De nombreuses entreprises doivent ainsi se mettre en conformité avec cette réglementation. Elles devront par exemple, tenir un registre de traitement des données, demander un consentement explicite avant d’utiliser des données personnelles ou encore être capable de fournir à leurs utilisateurs une copie leurs données personnelles et doivent signaler les violations de données dans les 72 heures.

Sheryl-Sandberg-Bruxelles
Il y a quelques jours, Sheryl Sandberg était à Paris et annonçait un investissement de 10 millions d’euros en France pour l’IA et la formation au numérique. Elle s’est ensuite rendue à Bruxelles pour annoncer la création « d’un nouveau centre de confidentialité au niveau global qui rassemblera en un seul endroit les principaux paramètres liés à la protection de données personnelles ». Avec ce centre Facebook montre sa bonne volonté face aux règles de l’UE. La numéro 2 de Facebook a également reconnue que l’entreprise n’en avait pas fait assez pour stopper les abus sur le réseau social. Elle doublera ainsi le nombre de personnes travaillant sur la sûreté et la sécurité d’ici la fin de l’année à 20 000 personnes.

En 2007, la firme américaine avait abandonné son projet de publicité Beacon en raison des réactions des utilisateurs, qui n’acceptaient pas de voir leur activité sur des sites partenaires à Facebook, diffusée à leurs amis.
Durant les élections américaines en 2016, Facebook a été accusé de diffuser des fake news et d’autoriser des comptes publicitaires russes à faire la « promotion » de Donald Trump. Sur ce point Sheryl Sandberg annonce que « si nous pouvons empêcher les gens de faire partie de nos réseaux publicitaires, les empêcher de faire de la publicité et retirer l’incitation financière, c’est l’une des choses les plus fortes que nous puissions faire contre les fausses nouvelles ».

Rappelons qu’en 2017, Facebook avait reçu une amende de 150 000  euros, car elle avait manqué à certains points de la loi Informatique et Libertés. Une somme légère puisqu’avec la mise en place du RGPD,  les entreprises se verront infliger des amendes pouvant atteindre 20 millions d’euros ou 4 % de leur chiffre d’affaire mondial annuel. Si l’on se base sur le CA annuel de l’entreprise en 2016, cela reviendrait à des amendes supérieures à un milliard de dollars.

Sur Facebook, les utilisateurs peuvent maîtriser l’affichage de la publicité ciblée, mais ils ne peuvent rien faire contre la « combinaison massive de leurs données». Avec ce centre de confidentialité, les utilisateurs devraient ainsi avoir plus de liberté sur leurs paramètres mais surtout, une réelle transparence quant à l’utilisation de celles-ci.

Toutes les grandes entreprises recueillant une quantité de données importantes vont être affectées par cette loi et n’ont plus que 100 jours pour être en conformité.

Source : Reuteurs