La Chine teste une nouvelle pratique en faisant de la plateforme populaire WeChat une carte d’identité alternative.

Créée en 2011 par la firme chinoise Tencent, WeChat est un réseau social qui rassemble une communauté de plus de 960 millions de personnes, dont 60% des utilisateurs sont actifs au quotidien. Si le nombre est important, c’est aussi parce que, de simple app de messagerie instantanée, WeChat a su se transformer en une plateforme aux multiples fonctionnalités. Dans un pays où Facebook, Instagram et Google ne font pas partie de la vie des habitants, WeChat s’inscrit de façon marquante dans l’écosystème numérique chinois. Aussi, le gouvernement semble vouloir lui accorder une place encore plus importante en créant le programme pilote « WeChat ID ».

Selon les dires du Financial Times, le projet pilote est en test dans la métropole de Guangzhou, dans laquelle les utilisateurs peuvent relier leur carte d’identité au réseau depuis le début de la semaine. Selon le Hong Kong Economic Journal, environ 30 000 personnes auraient déjà utilisé la reconnaissance faciale de WeChat pour mettre en place leur carte d’identité alternative. Concernant le programme, il est le fait d’un projet conjoint du bureau de sécurité publique de Nansha, de Tencent, de China Construction Bank et de neuf autres institutions anonymes.

Selon le Financial Times, les utilisateurs pourront accéder à quelques fonctionnalités limitées en scannant leur visage : pour un usage complet, ils devront se rendre dans un lieu physique pour y scanner leur carte d’identité. Avec l’identification limitée, les utilisateurs pourront par exemple se connecter à Internet dans un cybercafé. Pour ce qui est de la version complète de l’identité numérique, les utilisateurs pourront par exemple créer une entreprise.

Un programme de ce type pourrait permettre à Tencent de prendre de l’avance sur un rival redoutable, Alibaba. Avec WeChat ID, Tencent pourrait largement accumuler des données utilisateurs afin de les exploiter au profit d’une publicité très ciblée. Apparemment, la fonctionnalité devrait être déployée dans tout le pays par la suite.

Si Black Mirror a déjà envisagé un futur relativement similaire dans quelques uns de ses épisodes, il est difficile de ne pas penser aux conséquences d’une telle décision sur la vie privée des utilisateurs. Particulièrement dans un pays tel que la Chine, où la censure sur le web s’apparente à une réelle muraille virtuelle.

Source : Engadget