La Russie et son utilisation des nouvelles technologies peut parfois sembler étrange, voir même complètement sur le fil. D’abord, le pays s’est retrouvé embourbé dans des affaires d’ingérence directement liées au rôle qu’il a joué durant les élections présidentielles américaines. Une position sur laquelle on fait encore des découvertes aujourd’hui, à l’exemple de ces publicités Facebook chargées d’influencer les votes américains. Même durant les élections françaises, la Russie n’aurait pas été complètement innocente puisqu’elle est accusée d’avoir piraté la campagne d’En Marche avec l’aide de la même plateforme sociale. Plus récemment, le gouvernement du pays a annoncé le lancement d’un projet plutôt ambitieux : le lancement d’une cryptomonnaie du nom de CryptoRouble.

De prime abord, l’annonce peut surprendre puisque Moscou semblait plutôt s’opposer à ces nouvelles monnaies de types bitcoin ou ethereum. À tel point que Poutine s’était laissé aller à dire que ces dernières étaient utilisées pour blanchir de l’argent ou même financer le terrorisme. Selon lui, « L’usage de cryptomonnaies comporte de sérieux risques (…) Les acheteurs [de cryptomonnaies] pourraient être impliqués dans des activités illégales. » Cependant, le ministre des Finances s’est exprimé sur le sujet par la suite, expliquant que la Russie ne pouvait nier l’existence de ces fameuses cryptomonnaies et que le rôle du pays serait plutôt les réglementer. Il déclarait que « les bannir n’a aucun sens, il faut les réglementer. »

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Pourtant la réglementation n’est pas la seule raison qui pousse Moscou à se pencher directement sur la question. Le ministre de la communication russe, Nikolaï Nikiforov, a déclaré : « j’annonce avec confiance que nous lançons le CryptoRouble pour une seule et bonne raison : si nous ne le faisons pas, d’ici deux mois nos voisins de l’Eurasec l’auront fait. » Une initiative qui permet donc aussi de devancer la potentielle concurrence.

Basé sur la blockchain, le CryptoRouble ne sera pas aussi avantageux que le bitcoin et l’ethereum (non soumis à la régulation internationale) puisque basé sur le rouble. La cryptomonnaie sera controlée par l’État russe donc impossible à miner. Elle sera néanmoins échangeable contre des roubles sans frais. Moscou a aussi annoncé que tout détenteur qui ne pourrait expliquer la provenance de ses CryptoRoubles serait taxé à hauteur de 13%.

Un bon moyen pour le pays de garder la main mise sur les activités liées aux cryptomonnaies sans toutefois se laisser devancer par une potentielle concurrence.

Source : Engadget