Hier, le groupe chinois Alibaba a annoncé un plan d’investissement au sein de la recherche et développement à la hauteur de 15 milliards de dollars d’ici trois ans. Et ce dans 5 pays : la Chine, bien évidemment à Beijing et Hangzhou, les États-Unis à San Mateo (Californie) et Bellevue (Washington), en Russie à Moscou, en Israël à Tel Aviv et la cité-État Singapour.

Accroître la collaboration technologique dans le monde entier. – Alibaba.

DAMO, c’est l’acronyme donné au programme de recherche et développement pour Discovery, Aventure, Élan (momentum en anglais – ndlr) et Perspective (outlook). Une ambition affichée à l’international, ce qui est nouveau de notre point de vue occidentale. Nous sommes bien trop habitués à la communication d’Amazon. Le groupe Alibaba souhaite à travers cet investissement ancrer sa place à l’international et miser sur les collaborations avec les universités présentes sur chacun des lieux cités.

C’est plus de 100 scientifiques qu’Alibaba souhaite recruter pour porter leurs recherches sur le machine learning, l’informatique visuelle (3D, traitement des images, etc.) et le traitement du langage naturel. Autant dire, toutes les recherches qui sont faites pour améliorer le e-commerce, le cœur d’activité d’Alibaba. Soit « servir » plus de 2 milliards de consommateurs à travers son réseau.

C’est peut-être le signe du tournant annoncé par certains spécialistes de la Chine. Les acteurs chinois s’exportent pour dénicher les talents étrangers, ce qui a été longtemps la technique employée (et encore) par les États-Unis en délivrant les Green Cards aux scientifiques et ingénieurs étrangers. À titre d’exemple, Baidu a également implanté un laboratoire dans la Silicon Valley tout comme Tencent souhaite s’implanter à Seattle. C’est là, la force de la Chine et plus particulièrement du système politique en place : contrôler avec poigne les investissements étrangers (quitte à les nationaliser sans scrupule) et profiter du libre-échange occidental. À notre échelle nationale, on ne joue absolument pas dans la même cour… Il est temps de se complaire dans les startups et potentielles « licornes » rachetées par les États-Unis, mais d’investir massivement dans les universités.

Je vous conseille l’excellent livre de Frédéric Martel sur la bataille de la culture et des médias entre les États-Unis et la Chine : Mainstream. L’ouvrage permet de comprendre mes derniers points avancés.

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