Alors que certains tribunaux se démènent pour restreindre l’accès à des sites de torrent tel que The Pirate Bay tandis que d’autres créent des lois Hadopi, il semblerait que le lien entre piratage et baisse des ventes ne soit finalement pas si établit que ça. Et au-delà de cette conclusion, le moyen d’arriver à cette conclusion là aurait été plutôt chaotique. C’est l’Union Européenne elle-même qui serait accusée de dissimuler cette fameuse étude affirment que le piratage n’est pas nuisible aux ventes légales.

Commandée à la société néerlandaise Ecorys par le Commission Européenne et livrée en mai 2015, ce rapport de 300 pages n’avait jamais été publié jusque là. Au prix de 360 000 €, il aurait été dommage que ce rapport tombe définitivement dans l’oubli. C’est la députée européenne du Parti Pirate, Julia Reda, qui a fini par dénicher l’étude (grâce à une demande légale de documents) et l’a ensuite publié. Pour elle, l’Union Européenne aurait dissimulé les résultats car ces derniers n’étaient finalement pas en accord avec les intérêts politiques.

Le sujet : « La violation du copyright a-t-elle un impact négatif sur les ventes légales ? ». Et pour ce qui est des résultas, Ecorys est plutôt clair : « De manière générale, les résultats ne montrent pas de preuves statistiques solides qui prouveraient que ces violations de copyright en ligne entraînent une diminution des ventes. Cela ne signifie pas que le piratage n’entraîne aucune conséquence mais simplement que l’analyse statistique ne prouve pas avec suffisamment de fiabilité qu’il est suivi d’effets ». Ainsi, un quelconque impact négatif de la violation du copyright, de piratage donc, ne peut pas être établi dans les pays au centre de l’étude. Soit l’Allemagne, le Royaume-Uni, l’Espagne, la France, la Pologne et la Suède. La seule exception concernant l’impact du piratage concerne les blockbusters, car selon l’étude : « Les résultats montrent une diminution de 40 %, ce qui signifie que pour 10 films récents visionnés illégalement, 4 films de moins sont achetés légalement ».

UE piratage

La député Julia Reda explique à The Next Web qu’elle a d’abord laissé le bénéfice du doute à l’UE, en raison d’une restructuration ayant eu lieu dans le département concerné la même année. Restructuration qui aurait pu faire tomber l’étude dans l’oubli. Seulement, une autre étude universitaire publiée en 2016 montre que l’UE semblait être très au fait de ce rapport. Dans celui-ci, deux responsables de la Commission Européenne évoque le lien entre la diminution des ventes de blockbusters et le téléchargement illégal. Ils n’auraient sélectionné des 300 pages que le point concernant les blockbusters, soit celui allant clairement dans leur sens. Selon Julia Reda, « Cela démontre que l’étude n’a pas été oubliée par la Commission », mais aussi qu’elle voulait servir ses intérêts politiques directs.

Une étude qui contredit les discours selon lesquels le piratage seraient nuisibles aux ventes légales. Un argument très utilisé par la Commission alors qu’elle tente de faire passer une réforme controversée sur le droit d’auteur.

Source : The Next Web