C’est l’un des constats que l’on peut faire de l’étude réalisée par Cision et l’Université anglaise Canterbury Christ Church auprès de journalistes français en 2017 : les digital natives bousculent les codes du journalisme en France. Ce n’est pas la première fois qu’une telle étude est réalisée pour comprendre l’impact des réseaux sociaux sur le métier de journalisme. Au fil des ans, l’utilisation des plateformes sociales a progressivement augmenté auprès des journalistes, avec tout de même certains paradoxes…

TÉLÉCHARGER L’ÉTUDE COMPLÈTE JOURNALISTES ET RÉSEAUX SOCIAUX.

Quelques informations à retenir en particulier :
#1 – 94% des journalistes français utilisent les réseaux sociaux (versus 85% en 2012),
#2 – L’objectif premier d’une plateforme sociale est de publier et promouvoir leurs contenus,
#3 – Les journalistes sont, pour la majorité, dépendants des réseaux sociaux pour engager,
#4 – L’interaction sociale entre journalistes et leur audience se fait notamment dans le domaine « lifestyle »,
#5 – De nouvelles plateformes sociales apparaissent dans l’utilisation quotidienne auprès des digital natives
#6 – Les fake news est un sujet préoccupant pour le corps professionnel.

Paradoxes entre les objectifs et les usages

Comment les journalistes utilisent les réseaux sociaux au quotidien ? En 2017, ils ont répondu à large majorité : la publication / promotion de leurs contenus et la surveillance des discussions sur ces derniers. Des utilisations qui coïncident avec leurs objectifs, cependant les journalistes ont été nombreux à énoncer le « networking » comme principal objectif, or dans les faits seulement 14% des journalistes disent le faire quotidiennement. Est-ce que cela est dû à un manque de temps du fait de la multiplication de leurs missions ?

Les journalistes ont bien saisi l’intérêt de « viraliser » leurs articles afin d’être lus dans cette ère d’infobésité. La concurrence que se livrent les médias, l’importance d’être le premier à délivrer une information ou encore la recherche de sujets « tendance » peuvent être des pistes d’explication quant à l’objectif de surveiller les autres médias. – Cision [2017].

Un autre paradoxe peut être noté : la diminution de l’estime accordée aux réseaux sociaux pour engager leur audience. En 2016, ils étaient 70% pour contre 57% en 2017. La bataille de l’engagement sur les réseaux sociaux n’est pas propre au métier de journaliste. Les communicants citent souvent cette difficulté dans les groupes Facebook spécialisés.

Les digital natives font bouger les codes du métier

Fait naturel, la nouvelle génération de journalistes prend petit à petit sa place dans ce corps professionnel. Et cela change quelques usages et comportements liés aux réseaux sociaux.

Regarder les vidéos sur les médias sociaux est la troisième occupation quotidienne des journalistes. Une nouvelle donne au regard des précédentes études qui potentiellement lié à l’arrivée des digital natives dans les rédactions. Le format vidéo est largement apprécié par cette tranche d’âge, journaliste ou non : 18 – 27 ans.

L’impact des digital natives se fait ressentir également au sein du classement des médias sociaux. Depuis la première étude en 2015, Facebook arrive en tête du podium des plateformes les plus utilisées. Viennent ensuite Twitter et LinkedIn (position inchangée pour ce dernier). De même de nouveaux réseaux sociaux arrivent dans le classement la catégorie des plateformes de messagerie : Messenger et WhatsApp. Bien sûr Youtube qui risque de devenir la troisième plateforme utilisée. Enfin le format « Live » fait son apparition dans le classement. Lors des précédentes études, Facebook Live n’était pas encore opérationnel.

Inquiétude sur les fake news

Les « fake news » sont un sujet préoccupant pour les journalistes car cela vient à décrédibiliser l’ensemble de l’information et notamment l’actualité. Le sujet n’est pas nouveau, mais a fortement grandi pendant les élections présidentielles américaines et françaises.

En 2017, il est devenu impossible de parler de journalisme et de réseaux sociaux sans parler des Fake News. 72% des journalistes les considèrent comme un grave problème. – Cision [2017].

Selon le domaine, les fake news sont plus ou moins graves. L’actualité est fortement impactée et à juste titre. Les journalistes doivent réagir extrêmement vite. La puissance d’un billet est fortement impactée par sa vitesse de publication. Le journalisme spécialisé « business et industrie » est quant à lui le moins impacté par ce sujet.

Afin de lire l’étude avec plus de détails, vous pouvez télécharger la version complète et/ou l’infographie avec les chiffres clés.