L’association des droits de l’Homme Amnesty International frappe encore fort avec sa dernière campagne réalisée par l’agence belge Air Brussels. Le « medium » choisi pour prendre la parole Youtube et ses bannières, notamment celles s’affichant en bas de la vidéo. Pour l’instant, absolument rien d’original ou créatif, mais c’est dans la synergie du format publicitaire, du message transmis et du contexte de la vidéo Youtube que prend toute l’ampleur de cette campagne.

Bannière Youtube (bas) classique.

Il faut rappeler que l’association Amnesty International met régulièrement en porte-à-faux les dictateurs ou régimes autoritaires du monde entier comme la Corée du Nord, la Turquie, les Philippines ou encore la Russie. Il est encore question d’eux dans cette campagne Youtube. Sur les vidéos de différents dictateurs, une bannière Youtube s’affiche et prenant la forme de sous-titres. Ces derniers révèlent la vérité quant aux propos tenus par le protagoniste en question.

Bannière Youtube d’Amnesty International.

Selon le site Ad Age, la campagne aurait touché 370 000 personnes pour un coût marketing de 900$. Des performances très bonnes en terme de coût par vue. Mais si la campagne est louable pour son caractère informatif, tout laisse à penser que c’est un joli « ghost » pour récupérer une multitude de prix publicitaire. Plusieurs points à cela…

Premièrement, aucune mention d’un partenariat avec Youtube or il est improbable au vu du fonctionnement de la régie Adwords (plateforme pour utiliser des bannières Youtube) de diffuser correctement la bonne bannière sur la bonne vidéo. Le fonctionnement publicitaire de Google fonctionne sur l’achat de donnée et un système d’enchères. Ce n’est pas un catalogue comme les médias traditionnels.
Deuxièmement, les performances des 370 000 personnes touchées aussi jolies soient-elles, ne correspondent pas à rien. L’audience touchée n’aura peu d’impact puisque sûrement non-intéressé et beaucoup trop faible pour une campagne au caractère internationale. Avec un budget média de moins de 3 000€, il est assez fréquent de toucher une audience de plus de 300 000 personnes.
Enfin à l’approche des Cannes Lions, plus gros festival publicitaire au monde, l’association d’une agence de communication avec une association comme Amnesty International paraît trop belle pour être honnête et fondée sur une réelle campagne d’information.

En tout cas, la campagne aura eu le mérite d’être cité dans le célèbre site AdAge.com et ce n’est pas rien. En route pour Cannes ou la Liberté d’information ?

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