Depuis quelques années, la manière dont nous nous déplaçons en ville change de manière drastique. Nous partageons nos voitures, utilisons des vélos en libre service le temps de quelques minutes. Nous parlions récemment des vélos électriques, mais ils ne sont pas seuls. On observe par exemple l’apparition des premières offres de scooters électriques en libre service. Et côté trottoir, cela fait quelques mois que les premiers Solowheels et autres dérivés du Hoverboard slaloment entre les piétons au regard perplexe. Seul un terrain semble encore inexploité ; il s’agit des fleuves et autres lacs, pour l’instant en tout cas. Car sachez-le, demain, c’est en Seabubble que vous pourriez rentrer chez vous le soir, dans le cas ou un fleuve ou bout de lac traverse votre ville, bien entendu. À l’heure où les rues sont constamment encombrées et les transports saturés, l’exploitation des voies fluviales sonne comme une délivrance.

Le projet SeaBubble, encore à l’état de prototype, a été imaginé par Alain Thébault. Il s’inspire d’ailleurs du fameux Hydroptère que ce dernier a co-designé avec Eric Tabarly.

hydroptere

Ce trimaran volant a battu en 2009 le record absolu de vitesse à la voile, atteignant 51,36 nœuds, soit 103 km/h. Le secret de l’hydroptère repose sur ses ailes marines (ou foils), qui maintiennent, grâce à la poussée d’Archimède et à la vitesse, le bateau en suspend, quelques mètres au dessus de l’eau. Une fois en mouvement, selon le principe de la portance – qui fait décoller les avions grâce à leurs ailes, seule une partie de ces foils est immergée. Le reste vole, sans être ralenti par la trainée de la coque du bateau.

La SeaBubble, “rencontre improbable entre une Fiat 500 et un hors-bord”, fonctionne selon le même procédé, à la différence qu’elle est propulsée par un moteur électrique et non plus une voile. Il n’est de plus aucunement question de roues, mais bel et bien de foils, les mêmes que sur l’hydroptère, mais adapté à cette nouvelle embarcation. La SeaBubble est donc un bateau volant électrique, pouvant accueillir jusqu’à quatre passagers, que ce soient des particuliers ou les clients d’un service de transport.

Le projet, qui est en fait une réponse à la remarque de ses trois filles lui proposant de rendre sa passion utile pour la communauté, est mené par le navigateur en collaboration avec ses six « papés », amis ingénieurs retraités. Cette équipe de passionnés est actuellement en train de travailler sur le prototype, dont aucune photo n’a pour l’instant été publiée.

La Seabubble n’en reste pas moins un projet concret, reposant sur une technologie ayant fait ses preuves. Ce dernier est par ailleurs soutenu financièrement par Henry Seydoux, PDG de Parrot. De son côté, Anne Hidalgo a annoncé son souhait de faire de la Seine le premier terrain de test de Seabubble. Dans la capitale, selon la réglementation fluviale et maritime, les SeaBubbles seraient en capacité de circuler jusqu’à 18 km/h. Il faudra en revanche attendre le mois de Juin pour assister aux premières démonstrations, et début 2017 pour la production de masse.