La French Tech au CES 2016 : le bilan
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La French Tech au CES 2016 : le bilan

Pas moins de 190 entreprises tricolores étaient présentes au CES 2016 à Las Vegas du 6 au 9 janvier dernier au salon du high-tech grand public. Premier bilan alors que l’innovation technologique à la française semble ne s’être jamais aussi bien portée.

Commençons par un petit rappel : la French Tech est une initiative du ministère de l’Economie, de l’Industrie et du Numérique datée de 2013. Son but est de rassembler et de faire rayonner les startups des quatre coins du territoire afin qu’elles puissent assouvir leur volonté  de croissance et de développement en France comme à l’international.
Pour ce faire, l’Etat veut mettre tous les atouts de son côté et Emmanuel Macron, ministre de l’Economie, était présent au CES en tant qu’ambassadeur du savoir-faire hexagonal.
Le CES (pour Consumer Electronics Show) est sans doute le plus grand salon dédié à l’innovation technologique accessible au grand public. Il a été lancé pour la première fois en 1967 et a vu en avant-première le lancement de produits tels que le magnétoscope (1970), la télévision à haute définition (1998) ou encore le disque Blu-ray (2004). Autant dire qu’il s’agit d’un rendez-vous incontournable pour les professionnels du secteur.

La France en force à Las Vegas

Et la délégation hexagonale a mis les petits plats dans les grands cette année avec 190 entreprises représentées dont 128 startups. Il s’agit tout simplement du chiffre le plus élevé après les Etats-Unis ! La France se situe donc cette année devant des pays tels que la Grande-Bretagne, l’Allemagne ou encore le Japon en termes de startups présentes.
Mais cela suffit-il à imposer la France parmi les leaders de l’innovation technologique et des objets connectés ? On serait tenté de répondre par l’affirmative. En effet, des sociétés telles que Parrot (pour les drones) ou Withings (pour les objets connectés destinés à la santé) font désormais partie des acteurs incontournables dans leurs secteurs respectifs. Cependant, ces entreprises sont déjà implantées sur leurs marchés depuis quelques années. Si on se penche sur les récompenses décernées cette année, 19 reviennent à des produits français. De bons chiffres, qui sont toutefois à nuancer avec les 23 awards récoltés l’année dernière pour « seulement » 160 entreprises tricolores présentes.

Zoom sur quatre réussites à la française

Dans le détail, certaines sociétés françaises ont tout de même frappé fort et ont proposé des produits plus qu’intéressants. C’est le cas de Parrot, avec son nouveau drone ou plutôt son « aile volante ultralégère » car c’est bien de cela qu’il s’agit avec cet appareil nommé « Disco ». Pour moins de 700 grammes, l’engin est capable de tenir pas moins de 45 minutes en vol. La vitesse maximale, quant à elle, est de 80km/h soit 30 de plus que le BeBop, un autre drone estampillé Parrot. Pour le piloter, un grand choix s’offre à son possesseur : smartphone, radiocommande de modélisme standard mais également la télécommande Wi-Fi Parrot Skycontroller ou même un casque de réalité virtuelle. Son prix n’est pas encore connu mais l’objet devrait être disponible à la fin de l’année.

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Le drône Disco de Parrot

Déjà disponible par contre, l’enceinte bluetooth Phantom de la firme Devialet continue de faire parler d’elle. La raison ? Un son qualifié de « plus pur du monde » par les spécialistes et surtout une exclusivité de distribution négociée avec Apple à la fin de l’année dernière. De fabrication 100% française, elle affiche une puissance de 3000 watts. Il faudra par contre y mettre le prix puisque celui-ci s’élève à 1690 euros.

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L’enceinte Phantom de Devialet

Autre innovation qui pourrait prendre place dans les foyers : le réveil olfactif Sensorwake. Ce produit et son créateur Guillaume Rolland sont arrivés parmi les finalistes du Google Science Fair en 2014. Le possesseur du Sensorwake peut programmer une heure de réveil et le petit appareil se charge, via une capsule, de diffuser une odeur agréable pour rendre les matins moins difficiles. Les senteurs disponibles sont pour le moment : chocolat, café, herbe coupée, menthe poivrée, bord de mer et croissant. Le réveil est disponible à 100 euros avec une capsule offerte alors que le lot de deux capsules, représentant deux mois d’utilisation, est proposé au prix de 10 euros.

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Le réveil olfactif Sensorwake

Le bracelet-montre C-Way vise une toute autre utilisation. Comportant un tracker GPS, il est destiné à être porté par des enfants entre 3 et 10 ans afin de rassurer leurs parents. En effet, l’objet permettra à ces derniers de pouvoir localiser leur progéniture à tout moment et à n’importe quel endroit, avec un abonnement à 3,5 euros par mois pour la connexion EDGE intégrée. D’autres fonctions permettent de parfaire l’utilité du C-Way. Les parents peuvent par exemple définir une zone donnée où l’enfant pourra évoluer sans inquiéter ses géniteurs. D’autre part, des alarmes sont programmables, sous la forme de pictogrammes, pour rappeler aux enfants leurs activités sportives ou encore leurs heures d’écoles. Encore en précommande à 135 euros, le C-Way devrait être disponible en septembre prochain.

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Le bracelet-montre C-way avec tracker GPS


Un marché encore émergent

Cette bonne forme des entreprises françaises sur le marché des objets connectés et du high-tech est également réjouissante d’un point de vue économique. En effet, ce marché est encore considéré comme émergent et de nombreuses études tendent à prouver qu’il va se développer de manière importante ces prochaines années. Ainsi selon Gfk, environ 2 milliards d’objets connectés devraient être vendus entre 2015 et 2020 rien qu’en France ! Cela donnerait une moyenne de trente objets connectés par foyer à la fin de cette période et autant de raisons pour les startups hexagonales de poursuivre leurs efforts sur ce créneau.
Gageons que d’ici quelques années, nos innovations technologiques seront définitivement plus jalousées que le Minitel en son temps !

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