Le robot au service de l’homme ou l’homme au service du robot ?

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Nous étions invités à la première édition de la Maddy Keynote organisée par Maddyness.

Parmi les 4 grandes thématiques développées, c’est le futur du robot qui nous a le plus interpellé. Et surtout le parfait écho avec le futur de l’homme, qui s’est résumé au quantified self et à l’amélioration de la santé et de la vie de l’humain, voir de l’immortel (en effet, l’homme qui vivra 1000 ans est apparemment déjà né !).

D’ici 2017, 31 millions de robots domestiques pourraient être vendus d’après SYROBO (Le Syndicat de la Robotique de service professionnel et personnel, oui oui). Nous sommes donc en train de passer de la science-fiction à la réalité. Ces robots, sous diverses formes, pourraient nous aider à accomplir des tâches, voir remplacer la main de l’homme. Mais à quel prix sur nos libertés ? Les robots contrôleront-ils un jour les hommes, comme le décrit (prédit ?) le célèbre Terminator ?

Le robot au service de l’homme

Le CCAS d'Issy les Moulineaux met a la disposition des personnes du 3eme age un robot NAO "coach pour seniors" pour animer leurs activites.L’image que nous avons du robot provient justement de notre imaginaire et de notre culture cinématographique. Quand on parle de robot domestique, on pense bien sûr aux robots serviteurs et gentils, ou aux robots de substitution, qui pourraient remplacer une présence humaine pour les personnes les plus fragiles ou désireux d’avoir des enfants, comme le troublant AI. Ben oui, pourquoi pas l’être aimé même ? Serge Tisseron, auteur de « Le jour où mon robot m’aimera » nous parle de cette hypothèse, que nous avons déjà vue dans le film Her. Un très beau film avec le magique Joaquim Phoenix mais qui fait peur, car ça pourrait nous arriver.

Mais justement pour l’instant, tout n’est que science-fiction. Les robots actuels sont soit industriels, soit domestiques. Ils s’occupent des tâches ingrates et automatisent la chaine de production dans les entreprises, agissent en complément des chirurgiens dans les hôpitaux (rendant possibles des opérations jusque là intentées) où travaillent aux côtés des forces de police pour fouiller les corps des djihadistes afin de ne blesser personne en cas de bombe. Courageux robots.

Les robots domestiques de service quant à eux peuvent accomplir des tâches diverses : Nao accueille la clientèle chez Sephora, Buddy quant à lui aide toute la famille à se lever alors que le robot Leka accompagne les enfants autistes dans leur développement.

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Il est donc complètement à notre service, et bien qu’il soit mignon, il n’éprouve pas d’émotion. Donc pas besoin d’avoir peur de lui, il ne nous remplacera pas en tant qu’être humain ! Et Grégory Dorcel, le PDG de Marc Dorcel Group nous le confirme : améliorer la performance au lit grâce à la technologie oui, mais remplacer l’humain par le robot non !

On ne fera donc pas l’amour à la manière de Demolition Man avant un moment, et pour ça on dit, merci aux ingénieurs J

L’homme au service du robot

Mais quand est-il du futur ? Le robot travaille plus vite, et bien souvent mieux que les humains. Il n’a jamais de saute d’humeur et n’est jamais malade. D’après une étude d’Oxford, 47% des 700 métiers analysés pourraient être remplacés par des robots. Là ça fait peur.

On en revient donc à la même question : le robot serait donc en phase de remplacer l’homme ? La réponse est : oui et non.

Dans un sens de toute façon, l’homme est déjà au service du robot. De milliers de robots même. Que ce soit les robots Google, les capteurs du téléphone ou de tout autre objet connecté qui se balade dans notre proche. L’homme est devenu accro à toutes ces technologies et ne peut plus vivre sans. Nous aimons notre téléphone, nous vénérons notre mac. Nous sommes esclaves de notre réveil, de notre métro automatisé qui marche bien mieux que les autres lignes, de notre moteur de recherche ou de notre tracker d’activité. Oui j’en parlais déjà lors d’un précédent article, mais je persiste : le quantified self est pour moi le reflet de deux problèmes de notre société actuelle, à savoir l’addiction aux technologies et l’égocentrisme (surtout quand on partage ses exploits sur son Facebook après sa séance de sport).

Comme autre exemple, nous pouvons citer le secteur de l’automobile, qui est en ce moment en pleine mutation avec l’arrivée des voitures sans chauffeur. Alors que le métier de chauffeur a déjà été uberisé, il s’apprête à être bientôt anéanti par un trafic qui sera auto-régulé et intelligent, qui sera capable d’éviter embouteillages et accidents. Oui ce sera bien mais, ça ne sera pas forcément généralisé, comme d’autres innovations. Pourquoi ? Parce qu’on parle du fait de se transporter d’un point A un point B mais on en oublie le plaisir de conduire. Le même plaisir qui nous a poussé en France a préféré les voitures manuelles aux automatiques. Le plaisir de se balader sans compter son nombre de pas. Le plaisir de manger sans compter les calories sur sa balance connectée. La technologie est bonne, mais il faut veiller à ne pas trop nous auto réguler non plus et ne pas aller contre le libre-arbitre de chacun.

Bref, peu importe notre niveau d’addiction, l’humain ne peut donc plus vivre sans la technologie, et la technologie pourra peut-être un jour vivre sans nous…

Oui, mais finalement, pas complètement, car nous aurons quelque chose que les robots n’ont pas : notre humanité. Les relations sociales et humaines sont de plus en plus importantes dans notre économie, comme le confirme l’étude de David Deming de la Graduate School of Education d’Havard : pour acheter un service ou un produit, on veut de l’efficacité, de la rapidité, mais aussi du rapport humain.

L’humain endiguera donc la robotisation, et les robots nous permettront de faire des emplois plus humains.

En effet, les métiers les plus facilement automatisables étant ceux des usines, on peut se dire qu’à terme une usine pourra tourner sans aucune petite main, mais seulement avec quelques contremaitres et techniciens. Mais allons-nous en plaindre de ne plus faire un métier ingrat ? Personnellement j’ai été caissière et je ne souhaite de faire se métier à personne, donc ça ne m’a pas choqué quand les premières caisses automatiques sont apparues. Et n’allait pas me dire que c’est le rapport humain qui vous manque, car bien souvent vous n’adressez ni un regard ni un bonjour à votre caissière.

Si certains métiers abrutissants ou répétitifs disparaissent au profit de la machine, c’est peut-être pour le mieux. Nous pourrions ainsi faire plus place à la formation et à l’accès à des métiers « d’élites » qui ne le seront plus. Le monde a besoin d’innovateurs, de startupers, de chercheurs, d’ingénieurs et de développeurs. Il a également besoin de métiers passion comme dans le service, la médecine et l’accompagnement à la personne. Les compétences de chacun devraient être développées dans ce sens. C’est ainsi comme ça que nous deviendrons des surhommes et que nous pourrons répondre aux grandes problématiques de demain : le développement durable, la médecine, le développement de soi, …

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Bref, ce n’est que mon opinion sur la révolution sociétale qui nous attend, vous pouvez ne pas avoir la même vision.Mais dans tous les cas les choses vont changer et il faut s’y préparer. Et pourquoi pas avancer main dans la main avec son prochain, que ce soit un voisin, un migrant ou un robot, vers les challenges de demain.

A propos de l'auteur

Responsable Digitale @LEWISPulsefr. Je vis de voyages et de bières fraiches

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