Si dès 1995 il existait une directive européenne pour la protection des données, il n’était pas possible à l’époque de prédire ce que serait Internet aujourd’hui. Les années passant, les nombres d’URL créées par jour se multipliant de façon exponentielle, un nouveau problème de vie privée s’est posé. Est alors apparu le concept de droit à l’oubli, principalement dans l’Union européenne. Il doit permettre à un individu de demander le retrait d’informations qui pourraient lui nuit sur des actions passées. Ce doit peut s’appliquer de plusieurs manières :
• le retrait pur et simple sur le site d’origine ;
• le déréférencement des URL concernées des moteurs de recherche.
L’histoire du droit à l’oubli remonte à 2010 en Espagne. Un internaute demande à Google Spain de retirer des résultats de recherche faisant mention d’une décision judiciaire. Suite à un refus, il portera plainte auprès de la CNIL espagnole. Face à l’absence de droit au retrait à ce moment, la demande n’aboutit pas. Il faudrait attendre 4 ans pour que l’Arrêt du 13 mai 2014 de la Cour de justice de l’Union européenne accorde aux individus « le droit de s’opposer au traitement de leurs données personnelles et de demande le déréférencement des liens qui apparaissent dans une recherche associée à leur nom, tout en prenant en compte l’intérêt prépondérant du public à avoir accès à l’information ».

Droit à l'oubli Google

Suite à une mise à jour des données concernant le droit à l’oubli sur l’espace web dédié de Google, nous avons une vision plus claire et chiffrée de son impact. En tout, ce sont 1 235 473 URL qui ont été examinées sur un total de 348 508 de demandes (3,5 adresses par demande). Sur toutes ces adresses, seulement 42% ont été retirées du moteur de recherche. Concernant la France, ce sont 246 446 adresses examinées pour 73 496 demandes. 48,4% de ces adresses seront retirées.

Un tantinet sur la défensive, Google donne des exemples de demandes qu’ils ont traitées et refusées.
France : Un prêtre condamné pour possession de pornographie enfantine nous a demandé de retirer des articles portant sur sa peine et son bannissement de l’Église. Nous n’avons pas supprimé les pages correspondantes des résultats de recherche.
Royaume-Uni : Une personne nous a demandé de supprimer les liens vers des articles sur Internet qui font référence à son licenciement pour des crimes sexuels commis dans le cadre de son activité professionnelle. Nous n’avons pas supprimé les pages des résultats de recherche.

Enfin, Google établit un top 10 des domaines ayant enregistré le plus d’adresses supprimées au nom du droit à l’oubli.
1 Facebook.
2 The Profile Engine.
3 Google Groupes.
4 YouTube.
5 Badoo.
6 Google Plus.
7 118 712.
8 Twitter.
9 WhereEvent
10 192.com.