C’est une réalité, avec internet et les réseaux sociaux, la présence du clic, de ses enjeux sont partout dans les salles de rédaction et d’agences digitales. Alors que le courrier des lecteurs était moqué auparavant par les rédacteurs, l’internaute-lecteur est épié et au centre des préoccupations désormais.

Selon la sociologue Angèle Christin, on cherche à tout prix à mesurer l’impact des contenus sur les individus, grâce à des outils d’analyse de plus en plus pointus et pertinents. Des logiciels tels que Google Analytics dictent un éventuel changement de titre, mais aussi les réseaux sociaux. Aux États-Unis, on assiste à un “trafic latéral”. En effet, les réseaux sociaux sont les principaux facteurs de trafic sur les contenus journalistiques et de blogs.

Les conséquences sur l’écriture des contenus sont multiples

Tout d’abord, selon la sociologue, le rapport entre la logique d’audience et la logique éditoriale évolue constamment. Celle de l’excellence journalistique, d’écriture et celle du marché se confronte et créé un malaise. Plusieurs types d’articles connaissent un taux de clic important que les autres, tels que les contenus en forme de listes ou encore les diapos. Qui plus est, les réseaux sociaux ont leurs thématiques favorites. Sur Twitter, les sujets politiques, technologiques sont les plus partagés et cliqués. Alors que sur Facebook, le ton est léger, les images attirent la curiosité.

Une question se poste : Qu’est-ce qu’un bon article à l’heure de la transition numérique de la presse ? Les rédacteurs se posent tous la même question : Quelle est l’unité de mesure et la qualité d’un article ? Est-ce pour sa viralitée ou la reconnaissance du milieu professionnel ? L’heure est à la réflexion dans les rédactions et chez l’annonceur.

Quels sont les systèmes de métrique à vendre aux annonceurs ?

Un article ayant un taux d’impression élevé n’est plus synonyme de qualité ou d’attractivité. En effet, le système de “visiteur unique” permet de ne pas prendre en compte plusieurs visites d’une même personne sur un contenu ou site. Aussi, le temps passé sur chaque article est pris en considération. Néanmoins, ces systèmes de métrique ne sont pas encore vendus aux annonceurs et restent utilisés pour le management interne des rédactions. Une chose est sûre, le quantitatif détrône le qualitatif désormais.

Le temps, est l’élément de rareté sur le Web. Un mouvement contre clic est apparu. Le Web du clic doit laisser place au Web de l’attention, selon Tony Haile. Mesurer le temps de lecture des internautes est la nouvelle métrique à vendre aux annonceurs. Si un internaute prend le temps de lire un article sur Le Monde, il n’en lira pas sur l’Express. La course du temps est au centre des préoccupations des créateurs et vendeurs de contenu.

Une ouverture pour la publicité native ?

La publicité native est l’élément central du brand journalism. Cette forme d’annonce intégrée aux contenus aussi bien dans la forme du média, du site web est un moyen efficace pour retenir l’attention de l’internaute le plus longtemps possible. En lui proposant une information chaude, pertinente, une plus value, l’internaute va prêter de l’attention au contenu et donc au site.

Facebook avec son changement d’algorithme, porte une attention particulière au temps que prennent ses utilisateurs à lire un article dont le lieu apparaît sur le site. Si un article subit un délai trop court, cela suppose qu’il est mal titré ou tout simplement peu pertinent. Néanmoins, il semble que le réseau est toujours esclave de la loi du clic. En effet, le ratio du clic d’un contenu en particulier par rapport à la conversation que celui-ci génère est pris en compte par l’algorithme du réseau bleu.

Le challenge des créateurs de contenu chez les annonceurs est de créer du contenus attrayant et donner aux utilisateurs des titres pour les aider à décider, s’ils veulent lire l’article complet avant de cliquer sur celui-ci. L’utilisateur de Twitter ou Facebook ne doit pas se sentir piégé après avoir cliqué sur le contenu. Être honnête avec ses lecteurs doit être l’objectif principal du rédacteur et publicitaire.

Finalement, il faut passer d’une éditorialisation de la publicité et non une publicitarisation de l’éditorial.