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L’addiction aux réseaux sociaux : c’est grave docteur ?

Le phénomène a commencé avec la génération Y et les digital natives et gagne lentement toutes les couches de la société, que ce soit du nourrisson qui buguent déjà sur le smartphone de maman ou de l’octogénaire qui essaye tant bien que mal de se débrouiller avec le clavier tactile de son Ipad pour terminer sa partie de backgammon…

Les réseaux sociaux sont partout, et oui  il faut bien l’admettre, de plus en plus de personnes sont addicts. D’après une étude TGI Clickstream, 5,7 millions de Français seraient accros aux réseaux sociaux, un chiffre qui ne va cesser d’augmenter d’ici les prochaines années.  Un mal pour un bien ? Analyse ci-dessous du pire et du meilleur de la sphère digitale.

Les symptômes de l’addiction

– La connexion H24

Ce symptôme est le plus courant dans l’addiction. 70% des français se connectent plusieurs fois par jour sur Internet d’après Kantar. Il se traduit par plusieurs signes :

  • Obligation de checker son portable au réveil pour voir les dernières notifications sur nos diverses plateformes
  • Légers spasmes quand nous réalisons qu’il n’y a pas de 3G quand on arrive pour notre weekend en campagne. Pour les plus atteints d’entre nous, crise d’angoisse en prévision
  • Faute de connexion dans le métro, on joue soit à 2048, soit on envoie des sms, soit on prépare au brouillon une réponse Facebook à un ami après avoir tenté de l’envoyer en edge au moins 5 fois
  • Notre smartphone a tout bonnement remplacé le journal dans les toilettes
  • Nous demandons à chaque personne que nous croisons un chargeur quand on a oublié le sien, car la simple vue de la batterie se vidant lentement nous procure des sueurs froides
  • Nous sommes TRÈS TRÈS mal quand on oublie notre mobile

Nous pourrions continuer cette liste un peu exagérée (mais pas tant que ça finalement) à l’infini mais nous avons décidé de nous arrêter sur ce dernier point. En effet, dans la société urbaine d’aujourd’hui, sans portable, même l’espace d’une journée, nous nous sentons vite seuls. Très seuls.  Charlene deGuzman a très bien représenté ce décalage dans une vidéo qui a déjà fait le tour du web, mais on se la remet quand même pour le plaisir.

– L’affichage public de sa vie privée

Bon nombre de personnes utilisent les réseaux sociaux pour montrer à tout le monde à quel point leur vie est géniale. Photos de vacances, de sa nouvelle copine, de sa nouvelle voiture, de sa nouvelle coiffure. … Tout cela bien sur à bonnes doses de selfies, le truc tendance du moment qui n’est pas si nouveau que ça.

Mais cet étalage de la vie privée n’est pas  nouveau : avant cela se passait sur les skyblogs, à la machine à café ou au marché pour les plus anciens. Il a juste été amplifié par les réseaux sociaux.

Deux tendances digitales qui peuvent néanmoins s’avérer dangereuse : le fait de vouloir raconter tout de sa vie, comme par exemple le premier popo sur le pot de sa fille ou la connerie de son nouveau patron. Le premier statut aura pour conséquence d’exaspérer bon nombre de vos amis ou followers et le deuxième pourra vous faire perdre votre boulot.

Et le fait  de prendre les réseaux sociaux comme une thérapie. Soit pour afficher publiquement sa dépression pour recevoir des messages d’affection en retour : qui n’a pas vu dans ses contacts s’afficher des statuts « envie d’abandonner » ou « je ne suis rien sans lui ». Soit au contraire pour embellir sa vie et faire style que tout va bien alors que justement c’est souvent les plus déprimés d’entre nous tous. Un phénomène poussé à l’extrême sur cette vidéo :

Dans tous les cas cités ci-dessus, un conseil, veillez donc à garder cette part de mystère qui fait de vous une personne intéressante que nous souhaiterons revoir ailleurs que sur Facebook.

– La course aux likes

Dernier symptôme qui représente le summum du narcissisme : la recherche du plus grand nombre de likes ou de RT à chaque statut, tweet, photo ou vidéo que l’on poste. Certaines personnes appellent même leurs amis non connectés pour qu’ils aillent vite liker leur dernière photo sur le réseau. Ou d’autres sont prêts à mettre leur vie en danger pour impressionner leurs amis avec pour exemple les derniers défis nominations sur Facebook.  Houston we have a problem. A forte dose, ce symptôme est de loin le plus dangereux, car on a désormais besoin de l’approbation des autres pour justifier de nos actions. L’image d’un junkie du like représenté dans cette vidéo plus que sombre de Marc Manon :

L’addiction au digital est donc bien réel, et peut être dangereuse. On se rappelle de la claque que l’on a prise en regardant dernièrement le film « Her » et du rire jaune que l’on a poussé en découvrant les humains bidochons dans Wall-E.

Cette société hyper connectée existe déjà, et ok, certaines dérives font peur. Mais pas de panique, les réseaux sociaux, quoiqu’en disent les médias qui passent leur temps à les décrier, peuvent avoir aussi des atouts. Une présence digitale bien maitrisée peut être très bénéfique pour notre vie professionnelle et personnelle.

 

Une addiction bénéfique quand on la consomme avec modération

Les réseaux sociaux au final, c’est comme un bon verre de vin : il faut savoir trier le bon du mauvais, arriver à détecter avec le temps les bonnes opportunités et savourer le fruit d’un bon cru de fil d’actualités après quelques dégustations plus ou moins amères.  Voici trois points qui convaincront peut-être les plus sceptiques de votre entourage que le digital peut être un ami qui vous veut du bien.

– Les réseaux sociaux recrutent

Lors d’une conférence à Planète PME, nous avons retenu les chiffres suivants : le digital en France, c’est 6% du PIB et 3% des emplois, soit 700 000 employés qui travaillent dans le digital. Et ces chiffres ne vont cesser d’augmenter. Community managers, blogueurs, webmaster, … et oui les réseaux sociaux ne sont pas seulement un loisir, pour certains c’est un gagne pain. Et si vous pensez que c’est un métier inutile et sans avenir, vous serez surpris par le nombre d’entreprises et de marques qui recrutent de plus en plus d’experts en digital afin d’améliorer sa visibilité en ligne. Ce métier bien souvent appris sur le tas et d’ailleurs beaucoup plus difficile qu’on le croit. Alors que beaucoup pensent que les community managers sont payés à squatter Facebook, leur métier repose sur une veille incessante des actualités et des innovations, un reporting de likes et de mentions, un travail de contenu et de partage, le tout accompagné d’une grande dose de responsabilité dans chaque publication. Tout va très vite et une simple faute de frappe peut être fatale. Le CM n’est jamais à l’abri du bad buzz.

Mais les réseaux sociaux sont également des outils fantastiques de recrutement pour tous secteurs. Avec Linkedin et Viadeo bien sûr, mais de nombreuses annonces sont maintenant aussi publiées sur Facebook (ex : les PME recrutent) et Twitter, et votre chômage peut être de courte durée si l’on est en ligne au bon moment ou tout simplement si on a les bons contacts dans notre réseau.

– Le partage et la sauvegarde

Les réseaux sociaux sont synonymes de partage. Ok parfois on assiste comme cité plus haut à l’étalage de la vie privée, mais bien plus souvent, on partage les actualités, du contenu très spécialisé sur des secteurs donnés, nos musiques et films préférés et d’autres découvertes. Et dans ces cas là, le digital devient tout d’un coup magique. Car il ouvre la porte à la découverte de talents, à la promotion de la culture et à l’accès à l’actualité en continu. De plus, de nombreux réseaux sont devenus des sites d’entraides.

Notre génération digitale  est donc celle du partage, qui commence par le virtuel mais qui se traduit également parfois dans la vie réelle (exemple couchsurfing). Et en plus de partager, nous pouvons sauvegarder des infos avec de plus en plus d’outils, mais sauvegarder également des amitiés sur plusieurs années via Facebook, ce qui était beaucoup plus fastidieux à l’époque des correspondances par lettres ou par emails.

– Veiller à son e-réputation

Une bonne utilisation des réseaux sociaux passe enfin obligatoirement par une bonne maitrise de son image. Il faut donc veiller à ne pas trop mélanger vie personnelle et vie professionnelle et gérer ses paramètres de confidentialité correctement afin d’avoir une bonne e-réputation. Evitez donc le partage de contenu qui pourrait se retourner contre vous : vidéo Youtube dossier, photos de soirées partagées au plus grand nombre, et tweets un peu trop perso qui viennent décrédibiliser votre compte Twitter pro.

 

Pour conclure, je m’attarderai sur mon cas. Sans être totalement névrosée, je me reconnais à petite dose dans tout ce que j’ai décris plus haut : Oui je partage des données privées sur mon profil Facebook mais il est justement lui aussi privé. Oui je tweete beaucoup, mais de façon professionnelle. Non je n’ai pas une maitrise totale de mon e-réputation comme tout le monde, mais j’y travaille tous les jours.  Oui je me connecte en me levant, mais ca ne m’empêche pas d’avoir une vie à côté et d’être très irritée quand mes amis sont pendus à leurs portables pendant que je leur parle. Et oui cela m’est arrivée de poster un statut super positif quand l’heure d’avant j’étais en train de déprimer sur ma vie.

Mais le digital m’a apporté un travail, de nouvelles connaissances, une culture générale plus importante (bon du pire et du meilleur je vous l’accorde), et un moyen de garder contact avec mes amis les plus éloignés. Quand on retrouve une amie polonaise à Londres 7 ans après l’avoir rencontrée en travaillant ensemble au Grand Canyon, c’est beau quand même.

Le digital, consommé avec modération, peut donc être très bénéfique si on reste saint d’esprit et si on arrive à en maitriser ses aléas.

Oui, je l’avoue, je suis donc accro aux réseaux sociaux, mais ça va je le vis bien.

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